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Jackass en 3D dans ta face

Critique du film Jackass 3-D

Légende:
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1 = médiocre
2 = moyen
3 = bon
4 = très bon
5 = extraordinaire

Émission culte de la précédente décennie, «Jackass» revient en trois dimensions pour arroser le spectateur de tous les fluides possibles et inimaginables. Les amateurs seront comblés, les autres chercheront à comprendre ce phénomène.

La popularité de la trois dimension est telle qu'il serait possible de ressortir à peu près tous les films en utilisant cette technologie. En attendant «Star Wars» et «Titanic», place à «Jackass». Tout le monde pensait la série morte et enterrée depuis l'épisode 2 en 2006 (ou le 2.5 en 2007). Mais comme la mode est aux lunettes, l'excuse est belle d'en proposer un nouvel épisode.

Le temps a filé sous les ponts, il faudrait le rappeler à Johnny Knoxville et tous ses amis bizarres qui semblent vivre dans le passé. Comme s'ils s'étaient donnés un défi de se faire le plus mal possible ou de ridiculiser le plus méchamment leurs semblables. Et ils y arrivent de différentes façons, notamment en s'envoyant des ballons ou des balles de golf au visage, et en ayant des accidents de tous les moyens de transports qu'ils peuvent toucher.

Parfois, mieux ne vaut pas chercher à comprendre ce qui fait d'une série ou un long métrage un succès. Pourquoi une salle peut rire à gorge déployée ou pleurer comme une Madeleine. Sans doute qu'il y a un public pour tout et qu'il y aura toujours des gens qui chercheront à repousser les limites. C'est dans la nature des choses. En autant cependant qu'il y ait une évolution (vers le haut ou vers le bas), pas une stagnation.

C'est dans cette impasse que s'engouffre ce nouveau «Jackass» qui applique la même recette que le premier tome qui a vu le jour en 2002. Jeff Tremaine est toujours aux commandes et ce sont les mêmes personnes qui vont souffrir devant la caméra. Pour ce nouveau tour de piste, pourquoi ne pas avoir déniché de nouveaux acteurs/cascadeurs/proies afin d'amener un peu de nouveauté? Car entre le gros, le nain et le dégueulasse, les éternels clichés sont encore au rendez-vous.

Cette lassitude se répercute au niveau des sketchs, inégaux et qui tombent généralement à plat. Un ou deux bons numéros peut toujours dérider, mais lorsqu'il faut chercher les quelques rares intéressants pendant une heure et demi, il y a un problème. Pour un segment digne de «Surprise sur prise» (lorsqu'un homme déguisé en gorille cherche à faire peur à un couple), il y a les traditionnels gags du coup de pied dans les testicules ou de la claque au visage. Il s'agit de classiques qui sont répétés un nombre incroyable de fois (que de ralentis!) que l'effet comique disparaît complètement.

En dehors de cette surprise qui est totalement absente, il y a ce manque d'envergure qui est encore plus problématique. Les auteurs cherchent tellement à faire réagir que leur démarche en devient grossière. En 2010, le public cible est habitué à bien pire, et il attendra - en vain - le numéro qui l'amènera réellement en dehors de sa zone de confort. Un gars qui urine sur quelqu'un d'autre? Rien de nouveau là-dedans. Un âne qui donne des coups de sabots dans les parties d'un pauvre bougre? Déjà-vu. Un porc qui vient manger une pomme dans le postérieur d'un homme? Ok, c'est pas mal, mais peut-on faire mieux? Pas vraiment. Pourtant il y a tellement de façons et d'angles pour traiter son sujet. En utilisant davantage ses invités spéciaux, qui sont Spike Jonze, Seann William Scott et Will Oldham. Ou encore en recourant moins à la mise en scène en faisant confiance au réel. À ce chapitre, le meilleur moment de l'ouvrage est lorsqu'une personne âgée embrasse quelqu'un qui pourrait être sa petite-fille afin de rendre mal à l'aise les passants. Cela fonctionne totalement, car il n'y a pas ce désir un peu pathétique d'en mettre plein la vue.

Sans doute qu'il fallait de nouvelles personnes pour amener des idées différentes au concept qui s'essouffle assez rapidement. Au lieu de cela, il y a une technologie qui permet de voir en trois dimensions une toilette déborder d'excréments. C'est ce qu'on appelle privilégier le contenant au détriment du contenu. Et lorsque celui-ci est mal odorant, il est plutôt difficile de garder la tête hors de l'eau.

 


lecinema.ca a aimé :
  • La prémisse cherche à faire rire et à divertir, ce qui est toujours une bonne idée…
lecinema.ca n'a pas aimé :
  • … il faudrait toutefois revoir le concept qui tombe totalement à plat
  • Les gags sont inégaux et ils ne font presque jamais rire
  • En fait, ce sont pratiquement les mêmes que dans les précédents épisodes
  • Les situations se répètent et s’allongent inutilement
  • On échappe difficilement aux clichés du gros, du nain, etc.
  • Si une technologie aussi puissante sert à inonder le spectateur de fluides multiples, c’est un pas en arrière pour la science et l’humanité

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