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Critique du film Nowhere Boyvf: Il était une fois John La jeunesse de John Lennon est portée à l'écran dans «Nowhere Boy», un film un brin trop anecdotique mélangeant inégalement drame et comédie qui est sauvé ultimement par la performance des comédiens. Pour en savoir plus sur l'homme et non l'artiste ou l'icône de la musique.
C'est la vie tumultueuse de John Lennon (incarné successivement par Alex Ambrose puis à l'adolescence par Aaron Johnson) dans le Liverpool des années 1950. Étudiant plus que moyen, adepte de mauvais coups et aimant défier l'autorité de sa tante (Kristin Scott Thomas), il décide de se rapprocher de sa mère biologique (Anne-Marie Duff) tout en apprenant les rudiments de la musique, créant bientôt quelques groupes, dont les Beatles qui passeront à la postérité comme la meilleure formation de l'histoire de la musique populaire. Résumer une existence complète ou la carrière d'une formation musicale est loin d'être évident. Pour un Todd Haynes et son brillant «I'm Not There», il y a Luc Dionne et son désolant «L'enfant prodige». Désirant ne pas échouer son premier long métrage, la réalisatrice Sam Taylor-Wood a décidé de s'attarder aux premières années du célèbre guitariste. Sage idée qui aurait été nettement plus satisfaisante... s'il ne s'agissait par de John Lennon. En s'attaquant à cette légende, la cinéaste doit constamment épouser le passé, recréer des faits et des gestes, dont ses influences (Elvis Presley, James Dean), sa première rencontre avec Paul McCartney, etc. Le tout devient rapidement anecdotique, comme ce tapis roulant qui arrive lentement mais sûrement à destination. Le trajet a beau bénéficié d'une mise en scène vivante, d'une agréable reconstitution historique et d'heureux choix sonores qui n'évitent pas les clichés, il n'y a rien de bien surprenant au final. L'intérêt réside plutôt dans les moments plus sobres, plus intimes, plus dramatiques. Le personnage principal est quelqu'un de troublé et c'est lorsqu'on explore ses maux d'âme que l'ouvrage mérite le détour. Sa crise identitaire est d'abord et avant tout familiale, avec les deux femmes de sa vie qui gravitent autour de lui, le déréglant malgré leur bon vouloir. Impériale à souhait, Kristin Scott Thomas trouve un de ses meilleurs rôles depuis longtemps, développant une riche palette d'émotions. Anne-Marie Duff ne se fait pourtant jamais éclipsées, demeurant juste malgré quelques excès. Au centre de l'échiquier se positionne Aaron Johsnon qui ne possède pas seulement la belle gueule, mais également le talent qui va avec. Souvent superficiel dans sa façon de capter l'air du temps et de satisfaire les exigences d'un public qui s'est déplacé pour en savoir davantage sur la naissance de Beatles, «Nowhere Boy» devient pertinent lorsque les portes se referment et que les discussions «entre adultes» peuvent se tenir. Dommage qu'il n'y en ait pas plus, car pour l'instant, la production n'aspire à rien d'autre qu'au simple divertissement, intelligent mais un peu incomplet.
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