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Critique du film Charlie St. Cloudvf: Charlie St-Cloud Il n’y a pas de sujets à éviter, seulement des bonnes et des mauvaises façons de les traiter. Cela explique la déroute de «Charlie St. Cloud», une grosse guimauve difficilement comestible qui parle de vie et de mort. Du sirop extrêmement collant qui s’adresse uniquement aux fanatiques de Zac Efron. Charlie (Zac Effron) aime énormément son petit frère Sam (Charlie Tahan). Lorsque celui-ci meurt tragiquement, le frangin est inconsolable. Pendant cinq années, il continue à lui parler et à jouer au baseball en sa compagnie, se coupant de plus en plus du monde extérieur. Dès qu’il s’ouvre un peu en se confiant à la belle Tess (Amanda Crew), le destin lui met à nouveau des bâtons dans les roues. Charlie devra réagir rapidement afin d’éviter que l’histoire ne se répète…
Une carrière cinématographique est parsemée de mystères. Sur son premier et très recommandable film («Igby Goes Down») qui est sorti dans les salles de cinéma 2002, le cinéaste Burr Steers affichait une belle maturité, traitant avec cynisme et savoir-faire une thématique délicate. Depuis, le réalisateur s’est contenté de vagues projets télévisés, avant de refaire surface l’année dernière avec l’ennuyant «17 Again» qui mettait également Zac Effron. Un mauvais pli qui se répète avec ce nouveau long métrage.
Cette adaptation du roman de Ben Sherwood prend l’eau de tout bord tout côté et il n’y a aucun capitaine pour redresser le gouvernail. L’idée de départ n’est pas mauvaise, mais sa mise en application fait défaut. Le metteur en scène ne lésine pas sur les «beaux sentiments qui proviennent du cœur», appuyant fort sur la touche «je veux faire pleurer mon public», tout en sortant les poncifs encombrants sur l’existence. Ainsi, rien n’est terminé lorsqu’on qu’on y croit encore et tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Le tout est secondé par une trame sonore incessante qui n’évite surtout pas la surenchère, finissant par noyer les beaux paysages.
Ces morales omniprésentes sont entourées de réflexions spirituelles sur le sort des âmes et la nécessité d’accepter le passé pour vivre dans le présent. Des beaux discours qui se matérialisent difficilement tant l’ouvrage n’a rien de nouveau à dire sur quoi que ce soit. Les enjeux dramatiques sont loin de rivaliser avec ceux des inégaux «Always» de Steven Spielberg et «Lovely Bones» de Peter Jackson, alors que la portion romantique n’enchante guère, demeurant très terne à côté du «Ghost» de Jerry Zucker.
Sans être l’unique responsable de cette débâcle, Zac Effron ne fait rien pour aider son sort. Lorsqu’il est bien dirigé et entouré (dans «Me & Orson Welles» par exemple), le comédien s’avère potable. Ici, tout est mis en évidence pour que le spectateur remarque sa beauté plastique. Hors l’acteur offre un jeu particulièrement terne, n’arrivant pas à trouver l’émotion juste aux bons moments. Surtout qu’il n’y a personne pour le sortir du pétrin, les expérimentés Kim Basinger et Ray Liotta ne faisant que passer comme des esprits perdus.
Mieux vaut peut-être attendre quelque semaine et découvrir «Trois temps avant la mort d’Anna» de Catherine Martin, une oeuvre nettement plus maîtrisée et marquante sur la difficulté de vivre avec la mort. Même s’il est bien intentionné, «Charlie St. Cloud» se révèle trop rapidement lourd et prévisible, prêchant n’importe comment les vertus de tous les jours. Un peu de retenu ne fait jamais de mal à personne.
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