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Le Wimpy Kid cherche des amis

Critique du film Diary of a Wimpy Kid

vf: Journal d'un dégonflé
Légende:
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1 = médiocre
2 = moyen
3 = bon
4 = très bon
5 = extraordinaire

Ce n'est pas tout de réunir des enfants, des discours moralisateurs et beaucoup de bruit. Il faut créer des péripéties qui méritent le détour afin de divertir efficacement toute la famille. Sinon l'ennui apparaît rapidement. C'est dans ce piège pourtant si simple à éviter que s'est engouffré «Diary of a Wimpy Kid».

L'école primaire est source de tous les maux. Surtout pour le petit Gregory (Zachary Gordon) qui est prêt à rejeter son meilleur ami (Robert Capron) afin d'être populaire. Bien sûr, il apprend que ce n'est pas une chose à faire, et pour le «reconquérir», il devra marcher sur sa fierté.

Tout d'abord livres pour les cinq à dix qui ont connu un très grand succès, le «Diary of a Wimpy Kid» de la plume de Jeff Kinney prend vie au cinéma par l'entremise de Thor Freudenthal, celui-là même qui avait parlé avec beaucoup de gaucheries aux jeunes âmes dans son précédent «Hotel For Dogs». Le style du réalisateur ne s'arrange guère avec le temps : il préfère toujours leur adresser la parole sans tact ni façon à travers des situations routinières, des mots qu'à peu près personne n'utilise et des gags parfois scatologiques. Rien pour encourager les parents à aller s'enfermer dans des salles obscures.

Bien que le cinéaste connaisse son métier (sa mise en scène coule plutôt bien et sa bande son est loin d'être désagréable), sa touche personnelle fait encore défaut. Pire, il ne sait pas comment relever les enjeux de son sujet. Car cette histoire au demeurant simpliste est traitée comme une banale émission de télévision. Même l'hebdomadaire «Les Parent» possède plus de contenu et d'inspiration. La prémisse reprend les contours d'un épisode des Simpson, celui où Bart perdait l'amitié de Milhouse qui devenait soudainement plus populaire que lui. Une thématique cohérente en 24 minutes, mais qui s'essouffle considérablement au bout de 90 minutes.

Cette latitude aurait pourtant dû être utilisée autrement que dans le vain objectif de faire rire en laissant l'intelligence au vestiaire. Qu'est-ce qui pousse ces êtres à tout sacrifier pour attirer l'attention? Et jusqu'où ils sont prêts à aller pour arriver à leurs fins?  Des questions qui demeureront sans réponse puisque l'objectif n'a aucune valeur dramaturgique. Devant ce traitement superficiel, ce n'est pas surprenant que les personnages manquent de consistance. Surtout les parents, défendus par Steve Zahn et Rachael Harris, qui sont limités à faire quelques grimaces. Mais aussi les plus jeunes, dont le frère aîné Devon Bostick n'est qu'une caricature ambulante, et la généralement juste Chloë Grace Moretz («(500) Days of Summer», «Kick-Ass») qui ne sert absolument à rien. Reste le tandem Zachary Gordon et Robert Capron qui fonctionne moyennement, ce qui, dans les circonstances, est déjà pas mal.

Ces dernières années, en dehors des animations, le cinéma pour enfants n'a pas connu ses plus belles heures de gloire. Pour un «Shorts» ou «Le petit Nicolas», il y a dix «Alvin and the Chipmunks» qui prennent l'affiche. La malédiction se poursuit avec ce «Diary of a Wimpy Kid» qui n'a pas grand-chose à offrir, si ce n'est l'éternel canevas du «finalement, dans ma cours, ce n'est pas si pire que ça». Ce n'est, évidemment, pas suffisant pour refaire un énième long métrage autour de cela, surtout si le résultat manque autant de substance, d'émotion et d'humour.

 


lecinema.ca a aimé :
  • La réalisation très fonctionnelle qui recoure à des dessins de Jeff Kinney…
lecinema.ca n'a pas aimé :
  • … mais pourquoi tout le film n’est pas animé?
  • L’histoire reprend l’éternel filon de «j’aime mon ami mais je ne le savais pas encore» sans rien offrir de nouveau en retour
  • L’humour souvent scatologique et répétitif ne vole pas haut
  • Le metteur en scène ne manque pas une occasion pour faire la morale
  • Les personnages sont rarement intéressants et l’interprétation n’est guère subtile

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