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Critique du film De helaasheid der dingenvf: La merditude des choses Film qui porte très bien son nom, «La merditude des choses» rappelle comment le modèle parental peut peser lourd dans l'élaboration d'une identité intrinsèque. Un gros capharnaüm politiquement incorrect, à la fois songé et très premier degré, qui ne ressemble à presque rien.
Du haut de ses 13 ans, Gunther Strobbe (Kenneth Vanbaeden) n'est pas promis à un brillant avenir. Son comportement ne fait pas beaucoup d'heureux auprès de ses professeurs, et son mode de vie sidère. C'est qu'il vit avec de grands enfants (son père et ses trois oncles) qui passent leur temps à boire et à titiller la gente féminine, préférant aller en prison plutôt que de travailler. Quelle chance que grand-maman est là pour le ramener dans le bon chemin. Mais est-ce que ça sera suffisant pour que le jeune Gunther grandisse correctement et qu'il ne répète pas les nombreuses erreurs de ses repères masculins? Cette adaptation d'un roman de Dimitri Verhulst par le cinéaste belge Felix Van Groeningen n'est peut-être pas encore culte, mais cela ne serait pas surprenant qu'elle le devienne très rapidement. Comme c'est généralement le cas de récits qui ne sont pas réalisés pour plaire à tous, les admirateurs et les détracteurs seront nombreux. Enfin un long métrage qui évite les zones molles du consensus, qui ne fait pas seulement bien se regarder pour s'oublier aussitôt. La première partie - et la plus folle - ressemble à un amalgame entre l'univers disjoncté d'Emir Kusturica et un nouvelle suite des populaires «Les Lavigueurs déménagent». À travers une narration masculine, une multitude de personnages colorés sont dessinés à gros trait. Une famille dysfonctionnelle, complètement loufoque, qui ne s'embrasse pas d'un humour très subtil ou de répliques philosophiques pour faire ressentir leur présence. Cela donne plusieurs séquences hilarantes, d'une irrévérence certaine, qui risquent peut-être d'effrayer un public non averti tant les ruptures de ton sont constantes. Sans nécessairement se calmer, cette vision extrêmement authentique agrémentée de splendides accents flamands prend peu à peu de l'épaisseur, dotant de drames et d'enjeux significatifs une comédie qui aurait pu être à sens unique. Grâce à une mise en scène qui superpose plutôt bien les espaces temporels, l'ensemble s'intéresse à la difficulté d'être père et aux conséquences du présent sur la fabrication du futur. Une approche qui ne verse jamais dans le sentimentalisme et les propos moralisateurs, se contentant de coller au plus près au quotidien du jeune protagoniste et de ses proches qui finissent par être attendrissants. Des être défendus par une joyeuse gang de lurons comédiens qui ont tous la gueule de l'emploi. À la fois bombe caustique qui n'épargne personne et sensible chronique d'une famille marginale à la dérive (façon Wes Anderson sur l'acide), «La merditude des choses» n'a pas peur de surprendre - et de choquer au passage - en arpentant des chemins hors norme. Il ne faut pas se fier aux premières minutes qui semblent totalement dépourvues d'intelligence tant la progression réserve constamment son lot de surprises. Une vision unique pour une oeuvre qui ne s'oubliera pas de sitôt... et qui se rajoute aux récents «Eldorado», «Le silence de Lorna» et «Ex Drummer» » qui ne dressent pas nécessairement un bilan très positif des habitants de la Belgique.
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