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Alice à la recherche de merveilles

Critique du film Alice in Wonderland

vf: Alice au Pays des Merveilles
Légende:
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1 = médiocre
2 = moyen
3 = bon
4 = très bon
5 = extraordinaire

À la façon des récents «Avatar» et «A Christmas Carol», le «Alice in Wonderland» de Tim Burton n'est bien souvent qu'une luxueuse production destinée à en mettre plein la vue, oubliant du même coup de cultiver cette magie et cette féerie si nécessaires à ce genre d'histoire. Un récit ne se doit pas seulement d'être divertissant et attrayant, il doit comporter une âme et une identité propre.

Pauvre petite Alice (Mia Wasikowska)! La jeune demoiselle doit se marier avec un riche mais ennuyant prétendant. Au lieu de cela, elle coure réfléchir dans les bois, finissant par suivre un lapin jusqu'à sa cachette, pour mieux se retrouver dans un monde fantastique où elle peut grandir et rétrécir aisément. Afin de rentrer à la maison, elle devra se frotter à la Reine de coeur (Helena Bonham Carter), écouter l'inquiétant chapelier (Johnny Depp) et aider la Reine blanche (Anne Hathaway) à libérer son peuple.

L'association entre le cinéaste Tim Burton et le romancier Lewis Carroll relevait de l'évidence. Les deux hommes sont des illuminés à l'imagination fertile, et la symbiose de leurs univers représente un fantasme pour les cinéphiles. Un souhait qui prend cependant une drôle de tournure. Pas parce que le créateur de «Beetlejuice» ne respecte presque pas les écrits légendaires que sont «Alice au pays des merveilles» et «De l'autre côté du miroir» (il en a parfaitement le droit), mais plutôt à cause de la mollesse de son travail.

Fidèle à ses habitudes, l'homme derrière «Edward Scissorhands» crée un rêve fantasmagorique où les somptueux paysages rivalisent avec les couleurs chatoyantes, la musique enchanteresse de Danny Elfman et de très habiles effets spéciaux. Là n'est pas le problème. C'est plutôt son style si unique et authentique qui semble cadenassée, limitée à quelques moments furtifs (comme cette traversée sur des crânes). Il avait toujours promis de ne plus retravailler avec Walt Disney qui le restreignait sur le plan créatif. Peut-être qu'il n'y a que les fous qui ne changent pas d'idée, le voilà adhérer à la vision du père de Mickey Mouse.

Cela fait de cette version de «Alice in Wonderland» un simple film pour enfants. Pas désagréable à regarder, plutôt bien fait et palpitant, mais ultimement vide et presque fade, avec de nombreux personnages unidimensionnels (quelle héroïne ennuyante!) et des comédiens qui ne peuvent rien y changer (de Depp à Hathaway en passant par Bonham Carter, la caricature est souvent plus forte que tout). Le chapelier est un être torturé qui chute peu à peu vers la folie. Un état d'esprit qu'il aurait été fascinant à exploiter. Ce qu'aurait fait un Terry Gilliam ou un Tim Burton des beaux jours. Sauf que depuis l'extraordinaire «Ed Wood» en 1994, le metteur en scène ne surprend plus, lui qui a pondu seulement deux longs métrages réellement satisfaisants («Corpse Bride» qui lorgnait vers «The Nightmare Before Christmas» du camarade Henry Selick, et peut-être «Big Fish» qui s'inspirait énormément des écrits du même Carroll) depuis 15 ans.

Cette Alice du 21e siècle plus belle que bonne n'aura aucune difficulté à divertir un public qui connaît déjà le dernier effort de James Cameron par coeur. Comme si en 2010, le nouveau gadget à la mode sont les lunettes en trois dimensions et que toutes les raisons sont bonnes pour créer des adaptation de tout et de rien (le meilleur exemple est cette suite de «Tron» qui sera disponible d'ici Noël prochain). Cette technologie, aussi impressionnante soit-elle, ne compensera jamais la valeur du traitement, qui laisse ici cruellement à désirer. Plus simples et personnels, les plusieurs dérivés de ce classique de la littérature (tels «The Wizard of Oz», «Labyrinth» et «Le voyage de Chihiro») possédaient du charme à revendre. Ce n'est pas le cas de cette magnifique poudre aux yeux lancée par un réalisateur qui aurait de plus en plus besoin de se mettre en danger et d'oser réellement.

 


lecinema.ca a aimé :
  • L’univers riche et imprévisible
  • Le rythme mené tambour battant
  • Le soin apporté aux images, à la musique et aux effets en trois dimensions
  • Ces personnages si colorés…
lecinema.ca n'a pas aimé :
  • … mais également si limités qui ne demandent pas réellement une bonne interprétation
  • Le manque de chaleur, de magie, d’âme et de féerie de l’ouvrage
  • Le sentiment et la sensation que Tim Burton se retient (contre son gré?) pour ne pas laisser sa vision et sa folie éclater au grand jour

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