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Critique du film Brooklyn's Finestvf: L'élite de Brooklyn Film policier à l'ancienne explorant les méandres du pouvoir bleu, «Brooklyn's Finest» tire son épingle du jeu malgré un scénario qui n'évite pas les clichés. Du solide, pas fondamentalement original, mais interprété et réalisé avec conviction.
Trois flics verront leur destin se croiser l'espace de quelques instants lors de leur descente en enfer. Sal (Ethan Hawkes) a besoin d'argent afin de sortir sa famille de leur maison infectée. Tango (Don Cheadle) a des problèmes de conscience après avoir infiltrée une organisation criminelle. De son côté, Eddie (Richard Gere) voit la retraite arriver, faisant l'impossible pour garder la tête hors de l'eau.
Quelle belle surprise! Habitué à des récits sans grande matière grise («The Replacement Killers», «Bait», «Tears of the Sun», «King Arthur», «Shooter»), le cinéaste Antoine Fuqua vient finalement d'offrir un essai recommandable, qui va beaucoup plus loin que son précédent et surestimé «Training Day». S'il demeure à nouveau dans les mêmes zones grises, le créateur du séduisant documentaire «Lightning in a Bottle» ne prend pas son sujet à la légère, faisant littéralement tomber le ciel sur la tête des héros. Le synopsis ressasse les lieux communs, des clichés qui seront éternellement associés au genre. Entre le racisme, la corruption, la difficulté d'accomplir correctement son boulot et le désir d'en décrocher par tous les moyens possibles et imaginables, le traitement demeure extrêmement rigoureux. Le réalisateur sait de quoi il parle et il a pris soin de sa mise en scène, limitant les scènes d'action inutiles, se concentrant autour de ses personnages, n'hésitant pas à étirer ses plans où les dialogues sont souvent rois, tout en recourant à la belle trame sonore évocatrice de Marcelo Zarvos. Bien que l'ensemble manque parfois de complexité ou de finesse, le schéma en trois temps ne semble jamais trop plaqué ou préfabriqué. La distribution retenue fonctionne haut la main. Même si ses derniers longs métrages sont sortis directement en DVD (dont «Hachi : A Dog's Tale» de Lasse «Dear John» Hallström), Richard Gere demeure un très bon acteur, et il le démontre à nouveau à travers ce personnage désabusé et désillusionné qui ressemble parfois un peu trop à celui de Mickey Rourke dans «Sin City». De son côté, Don Cheadle prouve qu'il est un des meilleurs comédiens du moment, et il élève ici son jeu d'un cran, obligeant ses collègues à se surpasser. Ce qu'ils font, ce qui peut surprendre de la part d'Ellen Barkin ou de Wesley Snipes qui n'est pas habitué de se retrouver dans des productions aussi sérieuses. Sans être le maillon faible du trio, Ethan Hawke varie peu ses rôles, ce qui lui jouera un jour des tours. Plus près du cinéma de James Gray («We Own the Night») et de Sidney Lumet (qui a fait une multitude d'essais sur ce populaire thème) que celui de Mike Figgis («Internal Affairs») ou de Gavin O'Connor («Pride and Glory»), «Brooklyn's Finest» prend son temps d'instaurer une atmosphère, des enjeux louables et des êtres qui vivront de douloureux troubles moraux. Les amateurs de bang bang inutiles et de violence gratuite seront déçus. Les autres découvriront un méconnaissable Antoine Fuqua qui est capable de faire preuve de subtilité. Il n'a peut-être pas offert son «Citizen Kane», bien qu'il s'en approche lentement.
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