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Critique du film VilaineConte moderne comme il s'en fait heureusement si peu, «Vilaine» prouve qu'il faut parfois plus qu'un amour incontestable envers le cinéma pour accoucher d'un bon film. Ce n'est cependant pas cette version actualisée de Cendrillon qui y arrive.
Mélanie Lupin (Marilou Berry) se trouve grosse, moche, hideuse. Elle est toutefois très gentille, ce qui pousse sa mère, son patron et ses amis à l'exploiter, la menant régulièrement en bateau. Un jour, elle décide de se venger contre ses proches, leur jouant des tours saugrenus, les ridiculisant parfois méchamment. Bien qu'il ait pris l'affiche dans les salles françaises en 2008, «Vilaine» n'avait jamais bénéficié d'une sortie de ce côté de l'Atlantique. Le sort est réparé... hélas! Car si le long métrage a remporté un franc succès dans son pays d'origine (deux idées suites seraient dans l'air), le résultat ne peut que déconcerter et laisser de glace. À priori, il s'agit d'une bande dessinée avec de vrais comédiens, un croisement improbable entre un vieux essai d'Étienne Chatiliez (du type «Tatie Danielle») et «The Truth About Cats & Dogs» de Michael Lehmann. Un gentille romance à l'eau de rose avec plein de bons messages et des personnages en or qui s'adresse à toute la famille. Il en va tout autrement. Dans les faits, c'est la revanche de Cendrillon qui décide de se rebeller contre son état. Pour y arriver, elle n'est pas obligée de coller à la réalité, mais seulement de délirer et de hurler. Sorte d'anti-«Amélie Poulain» (Mélanie Lupin n'est en fait qu'un anagramme), l'héroïne n'attire jamais la sympathie de quiconque, passant son temps à maltraiter les chiens et les chats, utilisant des moyens détournés pour arriver à ses fins. Un être en deux dimensions (bonne et méchante, mais campé avec brio par Marilou Berry), ce qui est tout de même davantage que le reste de la distribution qui fait pitié à voir ou à entendre. Surtout Frédérique Bel, qui n'a surtout pas la grâce ou le ton comique que chez Mouret. C'est cela qui est le plus regrettable. Si l'ensemble était drôle, il serait plus évident de lui pardonner son ton lourdaud, ses fautes de goûts et ses caricatures ambulantes. Sauf qu'il ne fait que rire en deux ou trois rares occasions. Pendant ce temps, il est plus facile d'y déceler ses nombreux défauts, comme cet humour noir répétitif (combien de suicide raté?), cette façon de constamment se tenir en équilibre entre le racisme et le sexisme (le gouvernement de Sarkozy est si pire que ça?) et cette finale indigeste véhiculant les éternels clichés (les femmes au physique différent n'intéressent que les étrangers?). Réalisateurs bien attentionnés, Jean-Patrick Benes et Allan Mauduit ne surprennent guère à travers leur mise en scène rudimentaire, si ce n'est par leur propension à recopier les éléments de la culture populaire, des zombies de Romero à «Charlie's Angels» en passant par «24» et le chef-d'œuvre de Jeunet mentionné préalablement (avec cette grosse narration masculine). Il est bien plus facile de reproduire ce qui a été fait préalablement que de proposer une vision unique et authentique... Lassant et exaspérant de A jusqu'à Z, «Vilaine» est une farce ratée et désolante, ni particulièrement bien filmée ni réellement divertissante. Peut-être que les suites (qui sont encore au stade des rumeurs) seront meilleures, mais en attendant, il n'y a rien de véritablement recommandable, et les enfants en mal de cinéma pourront retourner voir «Le petit Nicolas», découvrir l'enchanteur «Brendan et le secret des Kells»... ou attendre à la semaine prochaine pour le «Alice in Wonderland» de Tim Burton.
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