|
![]() |
![]() Critiques de films
|
![]() |
|
Critique du film The Wolfmanvf: Le loup-garou Ennuyant remake d'un classique de l'horreur, «The Wolfman» ne se laisse regarder que pour le grand soin apporté à l'image, aux décors et aux costumes. Pour le reste, mieux vaut ne pas être trop exigeant et prendre le tout comme une énorme parodie qui ne s'assume malheureusement pas.
Rien ne va plus dans cette Angleterre de l'ère victorienne. Pendant la pleine lune, des gens se font déchiqueter par une horrible bête. Apprenant la mort de son frère, Lawrence (Benicio Del Toro) n'a pas le choix de rendre visite à son père (Anthony Hopkins). En enquêtant sur ce meurtre atroce, il arrive à se frayer un chemin auprès du mal poilu, se faisant malheureusement mordre au passage. Dorénavant, son corps se transformera, et il ne sera plus capable de contrôler ses pulsions meurtrières. Cela devait arriver un jour. Avec la résurrection des vampires, des méchants d'antan et même de Sherlock Holmes, ce n'était qu'une question de temps avant que le major Universal ne dépoussière «The Wolf Man», ce classique de 1941 réalisé avec aplomb et efficacité par George Waggner. La compagnie a confié le mandat à Joe Johnston, un cinéaste qui, au fil des années, accouche de récits de moins en moins intéressants. Après ses très divertissants «Honey, I Shrunk the Kids», «The Rocketeer», «Jumanji» et «October Sky», il a singulièrement manqué de gaz dans la dernière décennie, offrant les peu mémorables «Jurassic Park III» et «Hidalgo». L'histoire se répète, malheureusement. Les enjeux étaient pourtant au rendez-vous. Du moins, dans le scénario original. Il est question de la dichotomie entre l'homme et la bête, des relations douloureuses entre un père et son fils, de la quête de liberté et d'humanité ainsi que de la puissance de l'amour dans la guérison de tous les maux. De ces thèmes forts, pratiquement rien n'a été gardé. Qu'une fine brume qui donne l'apparence que tout est là, alors que rien n'y est réellement. Une ironie qui se répercute sur la très jolie photographie et l'habile direction artistique. Visuellement, c'est splendide. Sauf qu'en se rapprochant, les cicatrices font rapidement leur apparition, se matérialisant notamment au sein d'effets spéciaux qui laissent grandement à désirer. La fadeur des dialogues et des personnages n'aide pas à donner une consistance à l'ensemble. Bien au contraire. Les mots sont souvent plaqués, manquant cruellement de naturel. Devant une distribution secondaire qui n'est pas piquée des vers (Emily Blunt, Hugo Weaving) se trouve un duo principal qui fonctionne difficilement. Benicio Del Toro est bien fade dans le rôle titre, tandis qu'Anthony Hopkins en met beaucoup trop, reprenant pratiquement l'être qu'il incarnait dans le décevant «Instinct» de John Turteltaub. Conscient de cette chimie qui n'est pas au rendez-vous et de ces faiblesses narratives, celui qui fera bientôt revivre l'imperturbable Captain America a essayé de dissimuler le tout à travers une facture gothique léchée et une trame sonore envahissante de Danny Elfman. Une musique pas désagréable mais utilisée sans savoir-faire, dans le seul but que le spectateur sursaute sur son banc. Cet aspect, ajouté aux échanges ampoulés et au peu de résonance des acteurs, apporte un côté décalé, presque ironique et parodique. Cela ne serait pas si problématique si le long métrage ne se prenait pas tant au sérieux. Aussi excitant qu'une compétition de casse-tête, stimulant allègrement les yeux et les oreilles en endormant le reste du corps, «The Wolfman» fait presque regretter l'inégal «Wolf» de Mike Nichols. Malgré toutes ses mimiques, Jack Nicholson avait beaucoup plus de mordant, et les symphonies de Morricone possédaient des fonctions précises et nécessaires. Tout le contraire de cet essai sans grande envergure qui détruit un concept prometteur qui a encore de beaux jours devant lui. À quand un «Let the Right One In» chez les lycanthropes?
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
|
|
|
aussi dans notre famille
|