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Critique du film Edge of Darknessvf: La frontière des ténèbres Mel Gibson retourne à son métier d'acteur dans «Edge of Darkness», un suspense bavard et invraisemblable qui se termine en queue de poisson. Cela risque de lui donner le goût d'imiter Clint Eastwood et de se concentrer sur la réalisation.
Un policier (Mel Gibson) de la ville de Boston est témoin du meurtre de sa fille unique (Bojana Novakovic). Au lieu de prendre congé pour se remettre de ses émotions fortes, il part à la recherche du meurtrier. Il découvrira rapidement beaucoup de chose sur l'ancienne existence de sa progéniture. Un complot politisé plane peut-être même dans l'ombre et un seul homme pourra le démanteler... Principalement connu pour avoir mis en scène deux James Bond («Goldendeye», «Casino») et les deux Zorro, Martin Campbell avait déjà offert pour la BBC la série «Edge of Darkness» en 1986. Il était donc normal qu'il s'acquitte de sa transposition cinématographique. Cette émergence du passé est doublée de la renaissance de la star Mel Gibson, qui ne s'était pas retrouvé devant les écrans depuis l'excellent «Signs» en 2002. Une équipe de choc capable de faire des flammèches... et qui ne peut que décevoir leurs admirateurs respectifs. Trouver un coupable est facile. Mais s'il s'agit bien d'une conspiration, les fauteurs sont multiples. Tout d'abord il y a le scénariste William Monahan («The Departed») qui offre une histoire inutilement complexe et touffue, verbeuse et si peu originale. Le tout est servi par un rythme qui est loin de tenir la route et une finale d'un ridicule sans borne, qui ne peut que rappeler la bonne vieille époque de Charles Bronson et son «Justicier dans la ville». Le cinéaste n'est également pas étranger à cette déconfiture. Sa réalisation est conventionnelle et approximative, parsemée de flashs douteux et de métaphores insistantes (cette petite fille qui revient hanter son père). S'il semble prendre le soin d'explorer ses personnages, rien de pertinent n'en ressort. Pire, lorsqu'il se met à filmer des scènes plus explosives, le résultat s'apparente presque aux séquences de l'agent 007 avec ses nombreuses invraisemblances. Égal à lui-même, Mel Gibson n'est pas capable de sauver l'ensemble du fiasco. Il assure sans trop étonner, ne faisant pas toujours croire à sa souffrance et à son désarroi. L'être qu'il défend sonnera même une cloche à ses fans, renvoyant à «Conspiracy Theory» (mais sans l'humour) et la première version de «Payback» (avec cette même violence gratuite et inutile). Comprimé entre l'inégal «The Lovely Bones» qui osait jouer la carte de l'ésotérisme et l'excellent quoique beaucoup plus réaliste «Les sept jours du Talion» qui prendra l'affiche sous peu, «Edge of Darkness » aura énormément de difficulté à tirer son épingle du jeu. Pas surprenant, il n'a pratiquement aucune carte en sa faveur, si ce n'est cette propension à tout prendre au deuxième degré et de rigoler du début à la fin. Ce qui aurait très bien pu être un suspense efficace suivant la trace de l'haletant «State of Play» devient plutôt un énième long métrage à la «Taken» qui vante les mérites de l'auto-justice. Pour l'évolution, il va falloir repasser.
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