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Critique du film Book of Elivf: Le livre d'Élie Oeuvre lourde et pesante mais visuellement somptueuse et impressionnante, «The Book of Eli» traite de l'apocalypse en mettant le cap sur l'espérance de beaux lendemains. Pas certain que son timing - quelques journées seulement après la dévastation d'Haïti par un terrible tremblement de terre - soit toutefois le bon. Quoique...
Dans un proche futur, la Terre se relève difficilement d'une tragédie qui a enrayé une bonne partie de la population. Les survivants se cachent et se regroupent, partant à la recherche de ressources nécessaires qui sont de plus en plus difficiles à trouver. Eli (Denzel Washington) ère depuis 30 ans. Un jour, il arrive dans un village où le chef (Gary Oldman) semble beaucoup s'intéresser à son livre noir. Il serait même prêt à tuer quiconque se trouve devant lui pour pouvoir mette la main dessus. Les 15 premières minutes de «The Book of Eli» sont les plus impressionnantes. Le héros déambule sur une planète détruite, enjambant les décombres, se taisant, attendant. Le rythme lent embrasse une poésie muette. Pas besoin de mots pour expliquer ce qui s'est passé, les images ont un plus grand pouvoir évocateur. Et quelle atmosphère! Comme dans leur précédent «From Hell», les frères Hughes utilisent une riche palette de couleurs suffocantes (le blanc, le noir et surtout le gris) pour dessiner une vision de cauchemars, où les nuages sont toujours à un doigt d'englober les individus. Plus le récit avance et plus les intentions des auteurs (à qui l'on doit le pertinent «Menace II Society» et l'exécrable «Dead Presidents») deviennent claires. D'un côté, il s'agit d'une oeuvre incroyablement violente, stylisée à excès, dotée de nombreux ralentis, qui emprunte autant aux longs métrages de samouraïs qu'aux westerns. De quoi faire rouspéter le Vatican. En revanche, la quête se veut également initiatique et religieuse, renvoyant à La Bible comme seule espoir de l'humanité. Sans la Foi, il n'y a rien, et cette proposition, incroyablement appuyée, l'est également de symboles et de métaphores, qui en font presque une production de propagande. Entre la forme si riche et les messages plus écrasants se dressent un exercice périlleux, souvent maniéré et prétentieux, qui peut néanmoins compter sur un peu d'humour noir, des affrontements spectaculaires et une interprétation respectable. De quoi respecter le genre si souvent visité, qui va notamment de «Mad Max» à «Escape From New York» en passant par «The Omega Man» (ou son nouveau remake «I Am Legend») et «Doomsday». Le manque d'énergie de l'ensemble décevra peut-être les amateurs d'action et de sensations fortes, alors que l'hémoglobine qui coule à flot ne risque pas nécessairement de plaire aux personnes qui étaient attirées par les valeurs catholiques (hormis peut-être ceux et celles qui ont adhéré à «The Passion of The Christ» de Mel Gibson). Malgré tout, il y a suffisamment de moments intéressants, de retournement de situations et de surprises pour maintenir l'attention jusqu'à la fin. Mais bon, face à «Sherlock Holmes» et «Avatar», l'effort ne fait pas le poids, alors il ne faudra pas se culpabiliser de l'attraper seulement en DVD.
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