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Critique du film Armoredvf: Blindé Banal film d'action aux invraisemblances proéminentes, «Armored» sabote une belle distribution masculine et un sujet au fort potentiel dramatique. Qui pourrait bien sauver le long métrage musclé et détruire une telle formule redondante au possible?
Un nouvel agent de sécurité tire le diable par la queue. En mal d'argent pour assurer la subsistance de son frère, il prête une oreille attentive à un collègue et ami qui a l'intention - en compagnie de quatre de ses semblables - de voler une importante cargaison d'argent, évaluée à plusieurs dizaines de millions de dollars. Il accepte de participer, mais à condition de ne tuer personne. Lorsque surviennent les ennuis, le jeune homme décide de s'enfermer dans le camion blindé, bien décidé à protéger le butin au péril de sa vie. C'est le schéma classique du cinéaste prometteur qui se fait vampiriser par Hollywood. Sur son premier essai, le trépidant «Kontroll», Nimród Antal arrivait à divertir intelligemment. Embauché sur une production américaine plus consensuelle («Vacancy»), il peinait à surprendre ou à seulement intéresser. En attendant le remake de «Predators», place à un essai où la testostérone est dans le tapis. Ayant bien étudié le cinéma de John Carpenter et les westerns à la «Wild Bunch», le réalisateur s'assure de leur payer un timide hommage. La première partie de l'histoire présente les personnages, leurs motivations et leurs couleurs. Une entrée en matière qui aurait pu être prometteuse, sauf qu'aucune psychologie n'est réellement développée. Une grande déception, surtout avec un casting en or comprenant Laurence Fishburne, Matt Dillon, Jean Reno et le revenant Skeet Ulrich qui ne sont jamais dirigés convenablement, se contentant d'offrir le minimum possible. Tout est ensuite mis en oeuvre pour confronter le désir de s'enrichir facilement et le sens du devoir dans un climat de violence et de suspicion. En s'enfermant, le héros signe son arrêt de mort, ce qui aurait pu amener une médiation sur l'existence dans ce simili huis clos. Cela ne sera jamais le cas tant Antal favorise le suspense qui ne lève jamais et les confrontations sanglantes, s'embourbant dans des séquences incroyablement invraisemblables qui font totalement décrocher. En suivant la voie de la facilité, «Armored» n'élève d'aucune façon les enjeux moraux. Au contraire, il nivelle le film d'action par le bas, lui qui a probablement connu sa pire décennie depuis son existence. Cela donne le goût de (re)découvrir «The Lookout» de Scott Frank, un récit nettement plus dynamique sur des thématiques similaires.
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