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Critique du film The Twilight Saga: New Moonvf: La saga Twilight: Tentation Le pouvoir de l'amour adolescent fonctionne difficilement dans ce deuxième épisode de «Twilight» où Bella est obligée de choisir entre Edward le vampire et Jacob le loup-garou. Cela s'appelle peut-être «Tentation», mais le résultat ne peut que laisser sur sa faim.
En adaptant pour le cinéma le populaire roman de Stephenie Meyer, la cinéaste Catherine Hardwicke ne se doutait pas que le film allait recevoir un accueil presque dithyrambique de la part des fans et du public. À tel point que les producteurs se sont dépêchés à battre le fer encore brûlant en y allant rapidement d'une suite. Devant le refus de la metteure en scène de se remettre presque instantanément à tourner avec un scénario qu'elle ne trouvait pas à la hauteur, les dirigeants ont décidé de la remplacer par Chris Weitz («The Golden Compass»). Bella (Kristen Stewart) est triste à mourir. Voulant la protéger de sa famille suceur de sang, son amoureux Edward (Robert Pattinson) a décidé de rompre et de disparaître dans la nature. Dépressive, en larmes et toujours follement amoureuse, la jeune adolescente trouve réconfort dans les bras de son ami Jacob (Taylor Lautner), un représentant des lycanthropes. Celui-ci est disposé à accéder à la moindre de ses requêtes et à la défendre contre son ennemie jurée Victoria (Rachelle Lefevre) qui rode dans les parages. Sauf que les vampires et les loups-garous ne se sont jamais entendus et un jour, Bella devra clairement exprimer son choix. Le premier «Twilight» est arrivé sans crier gare et son doux romantisme fleur bleue en avait séduit plus d'un. Avec raison. Bien que le récit ne s'apparentait en rien au chef-d'œuvre, l'histoire d'amour surprenait par son authenticité, faisant rajeunir de plusieurs années, renvoyant à cette époque si naïve où tout était possible. Surtout que l'ensemble, parsemé de combats et d'une tension sexuelle palpable, divertissait intelligemment sans trop se casser la tête. Le second tome arrive avec beaucoup d'attentes et un auditoire conquis d'avance. Le résultat offre exactement ce que désire la clientèle, prenant aucun risque, ne proposant aucune surprise. En voulant s'offrir un beau petit succès tranquille, l'ensemble ne peut que décevoir. La fraîcheur des débuts a disparue, remplacée par une longue et répétitive intrigue qui manque de moments forts. Non seulement les séquences réellement intéressantes ne sont pas nombreuses, mais il faudra attendre un détour en Italie pour être soufflé par le rythme et l'ampleur des enjeux. Cela arrive bien évidemment trop tard. D'ici là, l'amour est exacerbé, rompant avec son mignon «réalisme» pour épouser des sentiments factices. Être égoïste et souvent insupportable qui fait la moue du début à la fin, Bella ne se laisse pas aimer facilement, ressemblant davantage à cet animal blessé qu'il faut s'occuper par dépit. Malgré son bon vouloir, Kristen Stewart ne peut masquer ces dialogues pas toujours inspirés et les incohérences de sa Bella. Toujours aussi absent et sans grande personnalité, Robert Pattinson ne fait que passer comme un fantôme, prenant toutefois bien soin d'ensorceler la gente féminine avec son physique de jeune premier. Les espoirs reposent donc sur les grosses épaules de Taylor Lautner qui affiche une forme méconnaissable, avec une quantité de muscles qui laissent presque croire à un dopage de vitamines. La blancheur de son sourire et l'efficacité des effets spéciaux pendant sa phase de transformation en loup n'éclipsent pourtant pas les carences de son Jacob qui passe la majorité du long métrage torse nu, que ce soit dans la forêt sous la pluie ou lorsqu'il décide de secourir sa belle. Il est facile de se laisser emporter par la fougue des personnages secondaires (principalement Michael Sheen, délectable), le soin apporté aux décors, à la photographie et à la musique, où des tubes recommandables (Tom Yorke, Editors, Muse) côtoient avec beaucoup d'efficacité la partition soignée d'Alexandre Desplat. Ça serait cependant oublier l'essentiel : la passion amoureuse du trio ne fonctionne guère, rendant pratiquement inopérante une trame narrative en manque de souffle et de profondeur. À quoi bon essayer de construire une mythologie si l'élément de base - l'amour - fait cruellement défaut? En espérant que le réalisateur David Slade fasse un bon ménage et qu'il insuffle un peu de vie à «Eclipse».
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