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Critique du film Astro Boyvf: Astro «Astro Boy» s'envole vers les salles de cinéma où il doit à nouveau secourir son entourage tout en cherchant sa place dans l'univers. Une introduction gentille, consensuelle et divertissante d'une des icônes les plus représentatives de la culture populaire.
En créant Astro en 1951, Osamu Tezuka a soufflé un vent de modernité sur les animations japonaises, rendant accessible un genre qui l'était très peu jusque-là. Le succès de l'enfant robot est tel qu'il ne cesse de se réinventer tous les 20 ans, avec une superbe série en noir et blanc dans les années 1960 (qui a entraîné un long métrage en 1964), l'émission culte en couleurs des années 1980 et une réappropriation de la machine au début du 21e siècle. Bizarrement, ce sont des producteurs américains qui ont décidé de s'approprier la licence. Au lieu de confier la réalisation à Tim Burton ou à Henry Selick, c'est David Bowers («Flushed Away») qui a été sélectionné pour ce projet... À la mort de son fils Toby qui portera ultérieurement le nom d'Astro (voix de Freddie Highmore dans la version anglaise et d'Antoine L'Écuyer dans la version doublée au Québec), son père inventeur (Nicolas Cage/Patrice Robitaille) et un collègue de travail le ramène à la vie en transposant ses souvenirs dans un robot. Grâce à l'énergie bleue, il est capable de fonctionner normalement, provoquant du bonheur partout sur son passage. Alimenté par une incessante quête de pouvoir, le Président Stone (Donald Sutherland/Pierre Brassard), qui détient déjà l'énergie rouge (qui sert à faire le mal), tente par tous les moyens de mettre la main sur le jeune garçon, afin de combiner les deux sources d'énergie. Un mélange de sensations apparaît pendant le visionnement d'«Astro Boy». Il y a tout d'abord la négation, le refus d'y croire. Comment cet inoubliable super-héros peut faire le saut sur le grand écran, étant adapté par surcroît par une firme américaine? Mystère. Et pourquoi avoir transposé le tout en animation en relief au lieu de garder les bons vieux dessins animés en deux dimensions? Il faut également accepter que le récit s'adresse à un nouveau public, d'enfants et de jeunes adolescents, ce qui explique que la complexité de l'original fait souvent défaut. Sans rivaliser avec la littérature de Dick, d'Asimov et même de Tezuka (qui a notamment offert le grandiose «Metropolis» en 1949, spectaculairement transposé en animation par Rintaro en 2001), les thèmes en place sont loin d'être banaux. Les classes sociales ont formé une élite qui habite dans la cité volante de Metro City, alors que le simple peuple réside sur la banale Terre, polluée et sans avenir. Les robots sont des inventions dépendantes de leurs créateurs et ce, même si leur humanité est parfois plus élevée que celle des êtres humains. L'émancipation ne semble même pas envisageable, ce qui explique la création du Front de Libération des Robots. Bien entendu, les enjeux ne sont pas aussi intellectualités que chez Masamune Shirow (plus connu comme l'âme derrière «Ghost in the Shell», actualisé triomphalement par Mamoru Oshii), sauf qu'ils sont néanmoins présents et pertinents. Cette psychologie du métal est toutefois au service d'un produit vivant et mouvementé où l'action, l'humour et les messages font bon ménage. Malgré la prévisibilité de l'entreprise et la musique un peu trop envahissante, il est plutôt difficile de s'y ennuyer. Le kitch de l'animation finit par charmer, les voix sélectionnées fonctionnent généralement bien et les personnages dichotomiques sont attendrissants, particulièrement ce chien trop mignon et ce robot géant qui semble s'être échappé de «Laputa - Le château dans le ciel». La catastrophe a été évitée et c'est probablement la plus grande surprise qui ressort de ce «Astro Boy». Même si le fan y trouvera 1000 petits détails pour l'irriter, l'ensemble tient relativement bien la route, ce qui poussera certainement plusieurs spectateurs à revoir les vieux dessins animés et les mangas, découvrant au passage un univers riche et poétique, à mi-chemin entre le «Pinocchio» de Carlo Collodi et le «A.I» du tandem Kubrick/Spielberg.
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