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Critique du film Capitalism: A Love Storyvf: Capitalisme: Une histoire d'amour Si «Capitalism : A Love Story» n'échappe pas aux travers de Michael Moore (sensationnalisme, racolage, populisme), il introduit pourtant un nouvel ingrédient à la recette: l'espoir.
Avec les documentaires de Michael Moore, on sait toujours plus ou moins à quoi s'attendre : de l'humour - beaucoup -, des raisonnements binaires - souvent-, des collages sensationnalistes qu'Eisenstein lui-même n'aurait probablement pas reniés - tout autant-, du populisme et de la démagogie - encore plus. Malgré ses défauts réels et souvent agaçants («Fahrenheit 9/11», «Sicko»), la recette mangée à une sauce « esprit de gauche assez bien pensant » fonctionne («Roger and Me», «Bowling for Columbine»). Mais avec «Capitalism : A Love Story», récompensé du prix de la jeunesse au dernier festival de Venise, l'homme à la casquette ne se contente pas de se reposer sur ses lauriers et ajoute un élément assez inédit à sa décoction : l'espoir. Faire le tour, donc, de l'aventure du capitalisme, de ses causes (Reagan, encore Reagan, toujours Reagan!) et de ses conséquences (ces immorales assurances-vie prises par la plupart des grandes entreprises sur le dos de leurs employés), à travers l'histoire américaine. Comprendre ce que l'Amérique a du sacrifier pour devenir un des pays les plus riches du monde et comment elle a pu se prendre la crise financière si directement au milieu du front: voilà donc l'ambitieux programme auquel convie «Capitalism : A Love Story». La bonne vieille ville de Flint au Michigan (ou plutôt ce qu'il en reste), les souvenirs de son propre père, un ancien employé de GM, des gros plans sur le visage en pleurs d'une fillette ayant perdu sa mère, des évictions brutales, des raccourcis que même un enfant de 10 ans n'oserait pas: Michael Moore dénonce encore une fois l'odieuse main mise des toujours plus riches sur les toujours plus pauvres avec la subtilité d'un 38 tonnes, sans jamais ne vraiment parvenir à retrouver la fraîcheur et la puissance du premier coup de gueule qu'il lançait il y a 20 ans à peu près sur le même sujet dans «Roger & Me» (dont il n'hésite d'ailleurs pas à reprendre des extraits!). Dans une autre vie, Michael Moore aurait pu être publicitaire. Mais «Capitalism : A Love Story» ne s'arrête pas là, et c'est tant mieux. C'est en effet dans une seconde partie que Moore parvient à tourner sa caméra non plus seulement vers son indignation d'américain moyen en colère, mais vers ceux grâce à qui l'Amérique pourrait bien se remettre à croire en des lendemains qui chantent. Ouvriers en grève qui gagnent leur combat pour être payé, passionnante et profonde réflexion sur le combat entre capitalisme et démocratie, partisans d'Obama le soir de la victoire du président démocrate (et l'émotion est encore bien vive), mobilisations populaires, passants qui l'encouragent à exiger des comptes de la part des loups de Wall Street: pour une fois, Michael Moore fait de la générosité envers ses compatriotes une de ses armes. Un détail, peut-être, mais qui permet pourtant à l'homme de devenir réellement crédible dans son rôle de Robin des Bois et à son film de gagner une ampleur et une sincérité dont le souffle ne peut qu'enthousiasmer. Au point même de donner envie de clamer avec lui: « ce n'est qu'un début, continuons le combat!
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