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Critique du film 9vf: Numéro 9 Fable horrifique et biblique destinée à un auditoire averti, «(9)» peut bénéficier sur une atmosphère nocturne et une superbe animation afin de recréer ce sentiment de fin du monde. De ces limbes majestueux émanent un scénario qui laisse un peu à désirer.
L'apocalypse a réduit l'être humain en miette. Alors que tout semble terminé, la poupée 9 (voix d'Elijah Wood) se réveille abruptement, voyant l'univers dévasté. N'écoutant que son courage, elle décide de faire fi des mises en garde de 1 (Christopher Plummer) et de partir à l'aventure pour délivrer un compagnon d'infortune. Par un concours de circonstance, le pauvre pantin finit par réveiller un robot destructeur qui décide de le prendre en grippe. Partant d'un générique fortement inspiré par le mémorable «Coraline», «(9 )» débute directement dans l'action à la façon de «Dark City». Le héros se réveille, il ne comprend rien, ce qui l'entoure ne peut que l'effrayer et rapidement, il décide de prendre ses jambes à son cou, avant d'embarquer dans une quête de vérité qui lui permettra de mieux saisir son identité. Une prémisse inspirante - pratiquement muette dans sa première partie (comme dans «Wall-e», dont un clin d'œil tardif vient cependant gâcher la sauce) - qui captive presque instantanément. Surtout que l'atmosphère est un plaisir pour les yeux et pour les oreilles. L'animation éclabousse la rétine avec ses multiples effets lumineux, alors que la trame sonore de Danny Ellfman et de Deborah Lurie donne rapidement la chair de poule. Le récit, déconseillé aux jeunes enfants, pourra en effrayer plus d'un, ce qui est de plus en plus rare pour un dessin animé, surtout depuis l'apport de technologies performantes. Ce n'est donc pas surprenant d'apprendre que le vénérable Tim Burton et un certain Timur Bekmambetov («Nightwatch», «Daywatch», etc.) agissent en tant que producteurs. L'histoire est cependant mise en scène par Shane Acker, qui a décidé d'allonger son propre court métrage réalisé en 2005. Malgré la faible durée de l'entreprise, qui s'échelonne sur à peine 79 minutes, quelques longueurs apparaissent au tournant. Si l'action y est abondante (un peu trop d'ailleurs...), la construction dramatique se veut beaucoup trop linéaire. Ce croisement entre «The Lord of the Rings» et «Terminator», aussi spectaculaire soit-il, manque singulièrement de profondeur et d'émotion, ce qui l'empêche de devenir un classique du genre (comme pouvait l'être le mémorable «Le fil de la vie» d'Anders Ronnow Klarlund). Le scénario a surtout tendance à recycler plusieurs idées novatrices pour créer une combinaison efficace mais parfois dénuée d'âme. Plus l'ouvrage avance et moins il surprend. Avant d'arriver à une finale religieuse où le Mal fabriqué par la nature humaine peut être arrêté par l'Homme, mais à condition que ce dernier y croit et qu'il n'utilise pas la violence pour arriver à ses fins... Il est aisé d'être impressionné par «(9)». L'ambiance est sublime, les péripéties apparaissent à chaque tournant et les voix choisies (qui comprennent également Martin Landau, Jennifer Connelly et John C. Reily) cadrent favorablement avec les différents personnages. En revanche, l'ensemble se veut beaucoup trop linéaire et superficiel pour proposer une vision réellement unique et authentique. Les concepteurs de jeux vidéo devront toutefois prendre des notes tant la machine est bien huilée, et qu'elle correspond à leur idéal.
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