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De père en flic pour une thérapie familiale

Critique du film De père en flic

Légende:
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1 = médiocre
2 = moyen
3 = bon
4 = très bon
5 = extraordinaire

Avec son mélange de rire et d'action, «De père en flic» devrait aisément être le long métrage québécois le plus populaire de l'été 2009. Ce n'est peut-être pas du grand cinéma, mais cela fait oublier les ratages spectaculaires de «Cruising Bar 2» et «À vos marques... Party! 2».

Émile Gaudreault sait comment attirer les foules dans les salles. Déjà, comme scénariste («Un gars une fille», «Louis 19», «Idole Instantanée»), le public était au rendez-vous. Il en va de même avec ses réalisations dont «Nuit de noces», «Mambo Italiano» et, dans une moindre mesure, «Surviving My Mother». Pourtant, un malaise se fait souvent ressentir devant ces titres. L'humour, bien à l'avant-plan, domine aisément la mise en scène classique, les choix scénaristiques parfois périmés et l'émotion qui ne filtre pas toujours convenablement. C'est un peu le même schéma qui préfigure «De père en flic».

La police de Montréal a maille à partir avec des motards. Il y a même un de ses membres qui s'est fait kidnapper! La seule personne qui pourrait le retrouver à temps est l'avocat Charles Bérubé (Rémy Girard) qui a de plus en plus de problèmes avec sa conscience. Difficile de défendre des criminels, surtout lorsque sa progéniture (Patrick Drolet) cherche à s'enlever la vie. Afin de se rapprocher, papa et fiston suivent une thérapie dans le bois en compagnie de différents individus qui vivent avec les mêmes maux. Dans le lot, il y a Jacques (Michel Côté) et son fils Marc (Louis-José Houde), deux agents doubles infiltrés qui chercheront à se rapprocher de leur seul témoin et ce, en passant leur temps à s'engueuler!

Cette production ne fait pas dans la dentelle et ce n'était pas son intention. Après un très joli générique en carton et une introduction explosive, le récit emprunte le chemin de la comédie de situation en s'isolant dans le bois. Des pères ne peuvent blairer leurs fils, ceux-ci leur rendent bien et entre deux méditations sur le choc intergénérationnel, il y a quelques gags qui émanent sur le sexe, les femmes et l'Internet. Le nœud de la prémisse (les hommes qui sont incapables de se parler) n'est qu'un prétexte à une avalanche de réflexions peu subtiles sur la condition masculine et à des situations tirées par les cheveux.

Les dialogues écrits par Émile Gaudreault et Ian Lauzon peuvent rappeler ceux de «Grande Ourse» et «Le bonheur de Pierre». Le tout passerait mieux à la maison, sauf qu'au cinéma, la facilité des traits peut poser problème. Les répliques parfois mordantes et parfois navrantes manquent singulièrement de naturel. Une expression telle « Il est plus protégé qu'un panda en Chine! » peut être drôle, mais pendant près de deux heures, cela s'essouffle assez rapidement. Et au-delà de la satire policière et de quelques clins d'œil bien placés (dont un à «Fight Club»), tout est une question de mots.

L'ensemble s'inscrit aux antipodes de «Bon Cop Bad Cop». Il s'agit d'une comédie avec quelques éléments d'action qui attirera également l'attention par son spectaculaire duo. Michel Côté est le roi québécois du Box Office et il force ici tellement le trait - façon «La vie après l'amour» - qu'il passe à un cheveux d'irriter. Il s'amuse cependant comme un fou avec Louis-José Houde. Ce dernier offre un numéro pratiquement similaire aux personnages qu'ils l'ont fait connaître. Tout est une question de parler rapidement et de multiplier les envolées verbales sur les particularités de l'existence. Rien de très nouveau de ce côté, si ce n'est l'humour qui touche souvent la cible. Le reste de la distribution, truculente pour un film du genre, ne fait généralement que passer. Il fait toujours plaisir de voir des acteurs aussi talentueux que Rémy Girard, Patrick Drolet, Caroline Dhavernas, Sébastien Huberdeau, Robin Aubert, Luc Senay, Pierre Collin, Normand D'Amour, Patrice Coquereau, Jici Lauzon, Michel Laperrière et Jean-Michel Anctil, mais les stéréotypes l'emportent aisément sur le reste.

Réalisé avec énergie, dynamisme et un savoir-faire non négligeable, «De père en flic» a tout de la comédie québécoise de l'été. Des grosses vedettes, un peu d'action, beaucoup d'humour et des thèmes sensibles sont les conditions gagnantes d'un divertissement qui ne cherche pas à être autre chose. Cela aurait pu être beaucoup mieux, mais après tant de creux récents («À vos marques... Party 2», «Le bonheur de Pierre», «Cruising Bar 2», etc.), cela fait du bien de rire un peu.

 


lecinema.ca a aimé :
  • Émile Gaudreault n’est pas un mauvais réalisateur et la mécanique de son film est très bien huilée
  • Le récit est suffisamment mouvementé et distrayant pour garder l’intérêt
  • La distribution est irréprochable et le tandem formé de Michel Côté et de Louis-José Houde n’est pas piqué des vers
lecinema.ca n'a pas aimé :
  • Le scénario demeure extrêmement mince et le propos sur les difficultés entre pères et fils manque singulièrement de profondeur
  • L’humour est de format télévisuel, souvent grossi et répétitif. L’important est de faire rire, pas d’être naturel ou crédible
  • Les interprètes font l’impossible pour rendre vivants tant de stéréotypes. Dommage qu’au passage, les acteurs livrent souvent des prestations qui ont déjà été vues précédemment

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