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My Sister’s Keeper parle pour pleurer

Critique du film My Sister's Keeper

vf: Ma vie pour la tienne
Légende:
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1 = médiocre
2 = moyen
3 = bon
4 = très bon
5 = extraordinaire

Le roi du mélo sévit à nouveau dans un film intéressant mais trop collant qui cherche absolument à faire pleurer en racontant les déboires d'une famille dont un de ses membres est affublé d'une terrible maladie. «My Sister's Keeper» est possiblement le long métrage le plus triste de l'année, mais il n'est certainement pas le meilleur.

Nick Cassavetes est loin de faire du cinéma comme son légendaire père John. Au lieu de plonger dans les dédales de la réalité, il préfère s'enfermer dans les carcans de la fiction romancée. Depuis ses débuts, il n'a réalisé que la moitié d'un bon ouvrage, soit la première partie de «She's So Lovely» en 1997. Pour le reste, il s'est contenté de changer de styles avec peu de succès, hormis le mignon et niais «The Notebook» qui a été remarqué en 2004 par un public adolescents. Le revoilà qui revient aux sources de la famille dysfonctionnelle après un «Alpha Dog» qui a laissé peu de souvenirs impérissables.

Kate (Sofia Vassilieva) a presque toujours été malade. C'est pourquoi ses parents (Jason Patric et Cameron Diaz) ont décidé d'avoir un autre enfant pour l'aider dans ses greffes de moelle et d'organes. Sauf qu'en grandissant, Anna (Abigail Breslin) veut avoir le contrôle sur son corps. C'est pourquoi elle décide d'embaucher un célèbre avocat (Alec Baldwin) et de poursuivre ses parents! Sa mère, en colère, n'en revient pas. Surtout que l'aînée a besoin d'un rein de la cadette, sinon ses jours sont comptés...

Cette histoire à la prémisse abracadabrante n'a qu'un seul objectif : soutirer le maximum de larmes en un minimum de temps. Un pari remporté haut la main et ce, même si ce n'est pas toujours honnête. Il y a une mère éplorée, un père qui veut le meilleur pour ses proches, un fils perdu et dyslexique, une fillette qui doit vivre avec de terribles dilemmes moraux, une juge (Joan Cusack) qui a perdu un enfant, un avocat aux nombreux secrets et une malade qui continue à se battre malgré tout ce que la vie lui a fait subir!

Ce lourd mélodrame à la réalisation soignée comporte son lot d'ellipses chronologiques qui permettent aux personnages de revenir dans le temps et d'assurer la narration. Tous les dialogues tournent autour de la nécessité de s'entraider, de s'aimer et de se pardonner devant la fatalité de l'existence. Un album photos fait figure de mémoire, devenant le fil conducteur des pensées et du récit, jusqu'à atteindre la boîte de kleenex. Car en repensant à hier, il y a tous ces beaux moments, ces rires diffus et ce sentiment de bien-être qui sont compressés par une musique de circonstance et par des symboles évidents tels la pluie qui tombe, l'exode vers la mer et le lever du soleil qui annonce de meilleurs lendemains.

Ce que l'essai perd en subtilité, il le regagne par la performance convaincue et convaincante des protagonistes. Cela faisait depuis l'excellent «Gangs of New York» que Cameron Diaz n'avait pas été à l'affiche d'un film sérieux et elle s'en sort finement. Il faut toutefois avouer qu'elle est bien entourée. Jason Patric la met en valeur en jouant le volcan plus tranquille, Sofia Vassilieva évite de tomber dans les stéréotypes d'usage et Abigail Breslin rappelle que depuis l'extraordinaire «Keane», elle peut incarner à peu près n'importe quoi. Même la distribution périphérique composée du sobre Alec Baldwin et de l'émouvante Joan Cusack est loin d'être négligeable.

Sans être mauvais, «My Sister's Keeper» ne se retient pas pour utiliser tous les moyens en sa possession pour rendre les yeux mouillés. Cette charge lacrymale est sans doute plus intéressante que les pénibles «Jack» et «I Am Sam», mais les effets déployés sont tellement massifs que c'est à se demander qui voudra payer pour avoir de la peine en sortant de la salle de cinéma et être mélancolique pour le reste de la journée...

 


lecinema.ca a aimé :
  • L’interprétation est la principale raison de s’intéresser au récit.
  • La mise en scène évite la linéarité d’usage.
  • Le sujet aura tôt fait de toucher un public plus sensible.
lecinema.ca n'a pas aimé :
  • L’histoire tend à être abracadabrante.
  • Quelques personnages secondaires sont peu esquissés.
  • Tout est construit pour soutirer le maximum de larmes. Dans les mains de monsieur «famille divisée» Sam Mendes, cela aurait pu être très différent.
  • Ce mélodrame est fortement déconseillé à quiconque est le moindrement triste ou amer.

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