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Star Trek ramène les compteurs à 0

Critique du film Star Trek

Légende:
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1 = médiocre
2 = moyen
3 = bon
4 = très bon
5 = extraordinaire

«Star Trek» imite Batman, Wolverine et Luke Skywalker en remettant ses compteurs à zéro. De quoi sauver une licence moribonde par une suite ludique qui cherche seulement à faire rire et à divertir.

Le réalisateur J.J. Abrams n'a jamais été un fan de «Star Trek». Tant mieux, il ne s'est pas senti obligé de refaire à la lettre la même vieille formule usuelle. Surtout que sur le plan des longs métrages, il n'y a probablement que le second et le quatrième tome qui dépassaient les attentes. Sans réellement marquer les esprits, cet onzième épisode rappelle qu'il est possible de s'amuser avec les jouets de grand-père... sans nécessairement travestir le concept original.

La fin du monde approche. Le très vilain Nero (Eric Bana) cherche à faire oublier l'explosion de sa planète en détruisant tout sur son passage. Pour l'arrêter, il n'y a que l'USS Enterprise qui ose se mettre sur son passage. Le très jeune équipage n'est toutefois pas suffisamment expérimenté pour faire face à la menace et rapidement, les confrontations d'idées se tiennent. Entre Spock (Zachary Quinto) le raisonné et Kirk (Chris Pine) le passionné, des choix devront se tenir pour éviter la disparition hâtive de la Terre.

Tout dans le contenant, rien dans le contenu. Il est possible de ressortir cet éternel adage avec cette nouvelle superproduction estivale. Après «X-Men Origins : Wolverine», les amateurs de sensations fortes seront encore comblés avec ce joujou luxueux qui regorge d'action et d'effets spéciaux particulièrement réussis. L'idéal pour occuper deux heures de son existence après une longue journée de travail. Surtout que la mise en scène tapageuse et tape à l'œil d'Abrams est encore plus au point que dans ses précédents et très ordinaires «Mission : Impossible III» et «Cloverfield».

Il est pourtant dommage que ce spectacle à grand déploiement se tienne au détriment de l'histoire. Le scénario est tellement pauvre et médiocre que ce n'est pas surprenant que le cinéaste ait décidé de l'ensevelir sous le spectaculaire. Comment pouvait-il en être autrement avec ce combat sans imagination entre le bien et le mal qui, sur papier, n'aurait duré que 30 minutes, mais qui s'étire quatre fois plus longtemps à l'écran avec de sérieuses baisses de tension, de nombreuses scènes répétitives, des motivations factices et des morales dégoulinantes ?

L'objet est heureusement sauvé par son grand sens de l'humour. Personne ne se prend au sérieux et cela se répercute au niveau des gags, des jeux de mots, des allusions et des situations tirées par les cheveux. À tel point que le tout se rapproche fortement de la parodie. Un sentiment exacerbé par la distribution qui joue avec désinvolture et sans aucune subtilité. Cela n'aide peut-être pas Winona Ryder dont le personnage (la mère de Spock) ne sert presque à rien ni Eric Bana qui offre un énième méchant tatoué au regard sombre. Mais ce côté de bande dessinée sied parfaitement à Anton Yelchin et son Chekov unidimensionnel, John Cho qui peut enfin s'émanciper de «Harold and Kumar» et Simon Pegg qui se met rapidement en mode cabotinage. Les meilleures séquences sont cependant assurées par les affrontements entre le charismatique Chris Pine et le magnétique Zachary Quinto, deux comédiens qui devraient reprendre leur rôle respectif dans la suite qui verra le jour à l'été 2011.

Par moments, ce «Star Trek» du 21e siècle ressemble à s'y méprendre à un «Star Wars» qui n'aurait pas fait l'option philosophie. Sans doute est-ce la façon d'Abrams de jouer avec le genre de la science-fiction, multipliant les hommages et les clins d'œil (dont un inutile à Leonard Nimoy) pour ne pas perdre les fans de la première heure, tout en désirant rajeunir le public cible qui a beaucoup plus d'atomes crochus avec Neo qu'avec le capitaine Jean-Luc Picard. Espérons surtout qu'après ce retour aux sources, de vrais scénaristes soient engagés pour pondre une véritable histoire, et non quelques bribes de vengeance sous fond de combats titanesques et de dialogues indigestes sur la nécessité de croire en soi.

 


lecinema.ca a aimé :
  • Le long métrage est suffisant branché et excitant pour susciter l’attention d’une jeune clientèle, tout en offrant des hommages et des clins d’œil sentis aux admirateurs de la série et des premiers films
  • L’humour arrive à sauver le récit du naufrage et de ce déluge d’effets spéciaux
  • Les interprètes sont généralement bien choisis et ils ne sont pas très éloignés de la bande dessinée
lecinema.ca n'a pas aimé :
  • L’histoire a dû être téléportée sur une autre planète et personne n’a pu la rapatrier à temps
  • Pourquoi la plupart des personnages secondaires ne sont présents que pour «enseigner» des valeurs et faire la morale aux héros ?
  • Le méchant n’est guère impressionnant

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