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Critique du film Inkheartvf: Coeur d'encre C'est peut-être un des fantasmes les plus usuels, mais aussi un des plus beaux : et si les personnages de nos romans favoris pouvaient exister « pour vrai » ? Et si on pouvait les rencontrer, leur parler ? Et s'ils vivaient dans notre monde ? Et si ils se mettaient à être de chair et de sang ? C'est sur une litanie de ces biens sympathiques « et si... » que repose entièrement «Inkheart», la nouvelle, et fort réussie, réalisation du britannique Iain Softley («Backbeat», «The Wings of the Dove»...).
Résolument tourné vers l'imaginaire, ce conte pour enfants et adultes en manque de merveilleux est porté par l'histoire de Mortimer Folchart et de sa fille de 12 ans, Meggie. Si Mortimer a transmis à cette dernière la passion de la lecture, il s'est pourtant interdit de lui lire des histoires à voix haute depuis 9 ans. Car Mortimer a un étrange don : en lisant leurs aventures, il fait apparaître dans notre monde les héros qu'il décrit. En contrepartie, quelqu'un doit pourtant retourner dans le livre. Quelqu'un comme la mère de Meggie, prisonnière du récit d'un roman d'aventures, «Inkheart», depuis ce jour fatidique où Mortimer l'a lu. Pour la sauver, une seule solution : que les personnages d'Inkheart, comme Capricorn et ses malfaisants acolytes, acceptent de retourner dans leur roman... Adapté du best-seller pour enfants du même nom de Cornelia Funke (et premier volet d'une trilogie), «Inkheart» brouille donc les frontières de la fiction et de la réalité pour construire un récit particulièrement captivant, où l'on pourra croiser, au détour d'un sentier merveilleux Ali Baba, des singes ailés, le Minotaure ou bien même Toto du «Wizard of Oz». Mettant les effets spéciaux au service de son histoire, plutôt que les utilisant comme cache-misère, tirant parti de magnifiques décors, il s'inspire aussi d'un esprit « aventure à l'ancienne » pour rendre son récit tout à fait charmant. Interprété avec conviction par Brendan Fraser, Eliza Hope Bennett, Andy Serkis, Paul Bettany ou Helen Mirren, le film qui par plusieurs de ses aspects rappelle «L'histoire sans fin» (adapté au cinéma par Wolfgang Petersen du roman de Michael Ende), jouit également d'un souffle épique prenant, lui enjoignant sans cesse une inventivité admirable. Réussissant à ne jamais sombrer dans la mièvrerie et à préserver quelques moments touchants - un exploit dans le monde du cinéma pour enfant - «Inkheart» étonne aussi par la richesse de son univers visuel, faisant sans cesse preuve d'une réelle originalité. Malgré quelques longueurs et redondances et une fin que sa prévisibilité rend quelque peu poussive, il reste un divertissement de haute tenue pour les enfants. D'autant que son message exaltant les plaisirs de l'imaginaire et de la lecture à tout prix ne saurait déplaire aux parents attentifs !
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