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«Babine»: le merveilleux sur fond de terroir

Critique du film Babine

Légende:
--------------------------
1 = médiocre
2 = moyen
3 = bon
4 = très bon
5 = extraordinaire

Après «L'audition» en 2005, «Babine» est le deuxième film de Luc Picard. Il y participe également à titre de comédien. Il nous transporte cette fois dans l'univers fantastique de Fred Pellerin. Ce long-métrage plaira avant tout aux fidèles du conteur. Bien que l'œuvre soit très originale, le personnage de Babine, le fou du village, est un peu stéréotypé et l'histoire semble s'étirer.

Ce film, c'est l'histoire de Babine (Vincent-Guillaume Otis) et aussi celle des gens de son village: Toussaint Brodeur, l'éleveur de mouches (Luc Picard); le Forgeron amoureux de la Veuve de St-Barnabé qui le trompe avec le Vieux Curé; Méo, le coiffeur qui magane la tête de ses clients parce que toujours pompette; Madame Gélinas, enceinte depuis vingt ans et qui n'arrive plus à faire lever ses gâteaux; la belle Lurette, qui pleure son amoureux parti pour la guerre et effeuille sans cesse des marguerites; et bien sûr Babine, le fils de la Sorcière aux prises avec l'intransigeant Curé Neuf. Ce film c'est l'univers de Fred Pellerin en images, celui où un taureau est amoureux et où on sème une montre de poche pour y voir pousser une horloge.

Isabel Richer, Marie-Chantal Perron, Julien Poulin, Maude Laurendeau, Marie-Brassard, René Richard Cyr, Gildor Roy, Antoine Bertrand et Fred Pellerin (principalement à titre de narrateur) font également partie de la distribution de ce long-métrage.

L'histoire

L'action de «Babine» se déroule à une époque de l'ancien temps qu'on ne pourrait déterminer de manière exacte mais qui rappelle le tout début du 20e siècle. C'est vrai que c'est un conte et non un film ancré dans la réalité, ne l'oublions pas! Par contre, certaines thématiques, comme la peur de l'autorité religieuse et de Dieu illustrée dans ce long-métrage, font évidemment partie de l'histoire du Québec. Quant à la crainte de l'inconnu et à la méfiance face aux gens qui sont différents de la masse, aussi abordées dans «Babine», on a bien peur qu'elles ne s'effacent pas de sitôt!

Le scénario de Fred Pellerin, tel un récit qui ne finit plus, s'égare souvent. On raconte l'histoire de Babine mais celles de plusieurs habitants de son village en même temps. Le rythme est lent. Le long-métrage dure 1h50 mais semble plus long. Il est vrai que dans l'ancien temps, les contes s'étiraient bien longtemps. De nos jours, on veut tout, très vite. Pour apprécier «Babine», il faut se laisser bercer par la lenteur, accepter de ralentir le rythme.

Malgré ses quelques défauts, l'histoire recèle de certains trésors. Plusieurs jeux de mots savoureux viendront nous tirer un sourire. On ne s'esclaffe pas mais on trouve évidemment une bonne touche d'humour dans ce long-métrage.

Même si «Babine» est un conte, le long-métrage ne s'adresse pas particulièrement aux enfants par les sujets qui y sont abordés. Par exemple, le Vieux Curé a une maîtresse tandis que Babine se laissera tenter par la nièce bien fringante du Curé Neuf! On vise davantage les adultes.

Les personnages

Vincent-Guillaume Otis incarne Babine, ce jeune simple d'esprit qui est le «fou du village» de Saint-Élie-de-Caxton. Le personnage devrait être attachant. Le comédien le personnifie de façon un peu clichée.

Julien Poulin (le Vieux Curé) et René Richard Cyr (Méo), particulièrement rigolo, tirent bien leur épingle du jeu. Isabel Richer interprète quant à elle la Sorcière, un personnage féminin atypique qui suscite la méfiance des villageois et les commérages. Elle accomplit un bon boulot. Luc Picard (Toussaint Brodeur), l'ami de Babine qui a mis le garçon au monde, apparaît de son côté fort sympathique.

L'aspect visuel

L'emballage visuel est intéressant. Les décors sont beaux. Certains effets visuels sont plus réussis tandis que d'autres (l'apparition d'un taureau géant), le sont moins. Le réalisateur a tout de même accompli un bon boulot en matière de réalisation lorsqu'on regarde le produit fini.

S'ouvrir au merveilleux

Pour se laisser séduire par «Babine», il faut d'abord être un admirateur de Fred Pellerin et de son univers rocambolesque. Pour le néophyte ou celui que le monde du conte laisse froid, le long-métrage pourrait s'avérer un tantinet ennuyant à moins d'ouvrir son esprit à ce moment de merveilleux à saveur du terroir.


lecinema.ca a aimé :
  • L’originalité
  • Luc Picard est sympathique et attachant
  • L’univers de conte de fées transposé à Saint-Élie de Caxton
  • L’aspect fantastique du film, un genre cinématographique peu tourné au Québec
lecinema.ca n'a pas aimé :
  • Le jeu stéréotypé de Vincent-Guillaume Otis
  • Un film qui plaira avant tout aux fans de Fred Pellerin
  • Le scénario qui va dans tous les sens
  • L’histoire qui se déroule «dans le temps qui avait pas de temps» semble bien longue.

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