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Critique du film Max PayneL'adaptation de jeux vidéo ne rime jamais avec un cinéma de qualité. Combien il y a eu de « Mortal Kombat », « Street Fighter », « Alone in the Dark », « Wing Commander » et « Tomb Raider » pour un potable « Final Fantasy » qui, pourtant, n'arrivait même pas à la cheville des sublimes jeux de rôles? L'histoire se répète avec « Max Payne », une médiocre transposition d'une œuvre finlandaise à succès.
Max Payne (Mak Wahlberg) n'est pas un policier comme les autres. Depuis le meurtre de sa femme, il n'est plus l'ombre de lui-même, désirant ardemment retrouver les responsables de cette terrible tragédie. Au fil de ses recherches, il tombe sur deux intrigantes soeurs (Mila Kunis et Olga Kurylenko), ainsi que sur un mystérieux homme tatoué qui ne s'en laisse pas imposé. Sauf que les morts commencent à s'accumuler et que le flic devient le principal suspect de ses camarades. Pour sauver sa peau et trouver les coupables, Max devra courir, user du pistolet et sauter tête première dans cette aventure plus grande que nature qui concerne également un inquiétant virus et des ombres sanguinaires. Sans créer une réelle révolution, la sortie sur plateforme de «Max Payne» en 2001 a permis aux joueurs de s'initier à un jeu d'action rythmé qui puisait à fond dans la mythologie scandinave. Sept années plus tard, son passage au cinéma se fait dans l'indifférence totale tant ce genre de production prend généralement le chemin des DVD. Mais comme la licence est populaire et que le casting comporte quelques noms connus, le tout débarque plutôt sur grand écran. Visuellement, l'ombre de la série plane sans que son esprit soit au rendez-vous. L'univers est toujours aussi sombre et gris, entre «The Matrix» et «Sin City». L'atmosphère aurait cependant pu être encore plus suffocante façon «Seven» tant les enjeux moraux se devaient profonds. Ils ne le sont malheureusement jamais. Le scénario concocté par l'inconnu Beau Thorne ne fait que recycler la traditionnelle recette du film de poursuites façon «The Fugitive» pour le saupoudrer d'éléments plus fantaisistes à la «Constantine». Et il ne faut surtout pas s'attendre à des conversations de plus de quelques mots tant les dialogues sont réduits à leur plus simple expression. Le tout fonctionnerait si la machine était bien huilée. C'est cependant John Moore qui est derrière la caméra et après les désastreux «Behind Enemy Lines», «Flight of the Phoenix» et l'inutile remake de «The Omen», le massacre continue. Sa réalisation, outrancière et sans personnalité, multiplie les ralentis et les gros plans, les explosions stupides et les fusillades sans intérêt. Cette mécanique ne bénéficie même pas d'effets spéciaux à la hauteur, faisant souvent regretter l'excitation que pouvait procurer le jeu vidéo original. Si au moins, comme dans les grands nanars ratés, le rire était de la partie, volontairement ou non. Encore une fois, il faudra se contenter d'une démarche « artistique » se prenant beaucoup trop au sérieux. C'est à peine si les acteurs, aussi coincés que des ballets emballés, bougent les rictus pour personnifier la moindre expression. Après avoir donné un peu de sérieux à sa carrière avec les excellents «The Departed» et «We Own the Night», Malk Wahlberg offre sa pire performance depuis «Fear». Il est entouré de camarades disparates (Chris O'Donnell qui ne sert absolument à rien, Beau Bridges qui rêve ardemment d'avoir la carrière de son frère, Ludacris qui semble jouer dans un long métrage totalement différent) et de collègues féminines sans grande prestance, si ce n'est Olga Kurylenko (qui sera à l'affiche du prochain James Bond) qui utilise son corps pour attirer les hommes dans son lit... Le mandat premier de «Max Payne» est de divertir son public cible. Cette tâche, même primaire, le metteur en scène John Moore n'arrive pas à l'exécuter correctement. À partir de là, les interprètes sont laissés à eux-mêmes, l'action dicte le pas à la trame narrative et l'intéressant jeu vidéo finlandais se voit travestir d'une tiède production de série B ni comique ni excitante. De quoi vouloir ressortir console et manette le plus rapidement possible.
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