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Critique du film Miracle at St.Annavf: Miracle à Santa-Anna Comme plusieurs autres cinéastes importants, la carrière de Spike Lee a débuté en force («She's Gotta Have It», «Do the Right Thing») avant de perdre considérablement de son mordant. Depuis son magnifique «Malcom X» en 1992, il n'a réalisé qu'une œuvre de fiction réellement satisfaisante («25th Hour»).
Après avoir ramassé suffisamment d'argent avec «Inside Man», son projet le plus populaire à ce jour, voilà qu'il décide de révolutionner le film de guerre avec «Miracle at St. Anna», son long métrage le plus ambitieux à ce jour. Encore une fois, le metteur en scène rouspéteur, qui a accusé Clint Eastwood de n'avoir présentés que des soldats blancs dans son diptyque «Flags of Our Fathers» et «Letters From Iwo Jima», mord la poussière. Au milieu des années 1980 à Harlem, un meurtre brutal est commis. Un journaliste décide de faire toute la lumière en bombardant l'assassin de questions. S'ensuit un saut de 40 années dans le passé. Pendant la Seconde Guerre mondiale, quatre soldats afro-américains (Derek Luke, Michael Ealy, Omar Benson Miller et Laz Alonso) se retrouvent piégés d'un village de la Toscane avec un jeune orphelin sur les bras. Entre les Allemands qui peuvent débarquer à chaque seconde, des Italiens pas toujours coopératifs et des Alliés aux méthodes de travail peu orthodoxes, il sera extrêmement difficile de protéger les civils innocents. Surtout lorsque l'amour vient encore plus brouiller les cartes. Au départ, «Miracle at St. Anna» est une énorme brique de James McBride, qui en a signé le scénario en compagnie de Spike Lee. L'adaptation cinématographique, qui dépasse aisément les deux heures 30 minutes, se veut un vrai foutoir où la surenchère est la principale tête directrice. Il y a beaucoup trop de personnages mal développés, de quêtes secondaires, de bons sentiments, de racisme déguisé et d'incohérences. Tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, le désastre arrive assez rapidement, entre ce monteur qui ne sait jamais où couper, cette musique qui vient tout appuyer, ces élans amoureux plutôt kitch et cette finale particulièrement collante qui cherche ardemment à soutirer une larme. Perdu au sein de cet ouragan, Spike Lee a prêché par excès. Le rythme inconséquent se veut à la fois trop lent et trop rapide (le syndrome «Pearl Harbor»?). Il abuse des ralentis, créant de la poésie par-ci, et de la suffisance par-là. Surtout que sa description de la guerre n'est pas sans manichéisme, avec ces gentils Noirs d'un côté et ces méchants Blancs de l'autre. Ce choix hautement contestable ne peut que jouer sur la performance inégale des protagonistes, qui sont souvent perdus et effacés, et dont les noms connus (John Turturro, John Leguizamo, Joseph Gordon-Levitt) ne servent pratiquement à rien. Il ne s'agit cependant pas du pire film de son metteur en scène. Contrairement au médiocre «She Hate Me», «Miracle at St. Anna» parle de quelque chose. Derrière ce scénario manipulateur, il y a des scènes plus significatives qui touchent des cordes sensibles, que ce soit au niveau de l'humour ou de l'émotion. Ce n'est guère surprenant que le long métrage s'ouvre avec des images d'un opus de John Wayne. Lee a voulu recréer un divertissement oublié parsemé de bons et de vilains, qui échappe parfois à toute logique pour en mettre plein la vue. Mais est-ce que le tout devait réellement durer 160 longues minutes?
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