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Critique du film Nights in Rodanthevf: Le temps d'un ouragan Six années après l'inégal quoi que titillant «Unfaithful» d'Adrian Lyne, Diane Lane recroise le chemin de Richard Gere dans le beaucoup plus oubliable «Nights in Rodanthe» de George C. Clark. Le cœur est prêt à accepter toutes les subtilités et les rebondissements de l'amour, mais il ne faudrait toutefois pas l'abreuver de sirop, de mélo et d'une romance extrêmement kitch.
Mère de famille en froid avec son mari, Adrienne (Lane) s'occupe d'un gîte sur le bord d'une plage en Caroline du Nord. Pendant quelques journées, le mystérieux docteur Paul Flanner (Gere) décide de louer une chambre, car il a d'importants problèmes à régler. Si les premiers contacts sont plutôt froids, ceux qui suivent s'avèrent plus chauds et intimes, jusqu'au moment où un ouragan secoue fortement les lieux, obligeant ces deux êtres déchirés par le monde extérieur à se rapprocher et à s'embrasser. Après la tempête, le calme revient et les sentiments ont littéralement pris d'assaut la raison, au grand bonheur des deux principaux intéressés. Le drame romantique est une des pierres angulaires des succès hollywoodiens depuis des décennies. Il y a les œuvres qui mélangent cette donnée avec des faits historiques («Titanic», «Atonement») et ceux qui font des détours plus légers vers la comédie («I.Q.», «The Truth About Cats & Dogs»). «Nights in Rodanthe» prend cette seconde route en demeurant plus sérieux, empruntant différents thèmes aux supérieurs «The Door in the Floor» et, surtout, à l'excellent «The Bridge of Madison». Il y a donc deux chemins qui se retrouveront l'espace de quelques journées. Diane Lane, toujours aussi convaincue, se voit coiffée d'une intrigue sentimentale à deux sous et d'enfants comédiens peu talentueux. La belle réussira toutefois à s'en sortir grâce à son charme naturel et sa fougue. À tel point qu'elle ne fait qu'une bouchée du superficiel Richard Gere, plus intéressé à s'embourber dans ses démons qu'à lui donner convenablement la réplique. Histoire d'amour oblige, la passion sera de la partie après un échange conservateur au possible qui est filmé de façon fleur bleue et sans réelle passion ou imagination. Par la suite, la comédie se mute en drame collant, avec cette manipulation flagrante de l'émotion. Le réalisateur cherche ardemment à faire pleurer et il utilise les recettes les plus mélodramatiques pour y arriver. À tel point que le récit mélange émotions et rires diffus, ce qui n'est pas nécessairement une bonne chose. Autant George C. Clark était inspiré sur son précédent «Lackawanna Blues», autant il semble ici totalement perdu dans son premier gros film. Il suit les conventions du genre sans jamais vouloir y échapper le moindrement, accumulant des séquences où la romance cède rapidement le pas au cliché. Le tout est offert dans une mise en scène conventionnelle et même anonyme, qui symbiose les jolies images à une trame sonore assommante pour offrir une carte postale sans grand attrait qui flirte souvent avec le n'importe quoi (la scène des chevaux à la toute fin). Sans insulter l'intelligence du spectateur (ce n'est tout de même pas «Meet Dave» ou «Death Race»), «Nights in Rodanthe» est loin d'être les retrouvailles souhaitées entre Diane Lane et Richard Gere. Malgré tous ses défauts, leur précédent «Unfaithful» tenait relativement bien la route et l'union s'avérait généralement crédible et même érotique. Tout le contraire de ce drame collant formaté pour la télévision qui aurait peut-être dû sortir directement en DVD.
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