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Critique du film Lakeview Terracevf: Harcelés Suite à quelques échecs plus ou moins désastreux, le cinéaste Neil LaBute tente de revigorer sa carrière en pondant « Lakeview Terrace », son film le plus hollywoodien jusqu'à présent. Lorsque de belles idées et de solides dialogues sont moulés dans un scénario prédigéré.
Un quartier aisé de Los Angeles vivra de nombreux tumultes en l'espace de quelques journées. Depuis leur déménagement, le couple formé de Chris (Patrick Wilson) et de Lisa (Kerry Washington) sont pris en grippe par Abel (Samuel L. Jackson), leur voisin policier qui est un manique de l'ordre et des règlements. Son obsession devient de plus en plus maladive, à tel point que les amoureux commencent à craindre pour leur vie et leur sécurité. Il y a une décennie, Neil LaBute devenait une des coqueluches des cinéphiles américains grâce à «In the Company of Men», un excellent film qui a également fait découvrir l'acteur Aaron Eckhart. Après le sympathique «Your Friends & Neighbors», ce fut la longue traversée du désert avec les inégaux «Nurse Betty», «Possession», «The Shapes of Things» et l'horrible navet du pourtant haletant «The Wicker Man». Le voilà revenir à la charge avec son long métrage le plus accessible. La force du metteur en scène est le soin qu'il apporte à ses dialogues. Ils sont ici à la fois cinglants et humoristiques. Au sein de phrases plus consensuelles apparaissent des réparties énergiques qui relancent les enjeux. Surtout que la prémisse était plus que prometteuse. Il y a des imbroglios, des affrontements verbaux, une menace qui plombe dans l'air et même des incendies - eh oui, le tout se déroule à Los Angeles - qui se rapprochent dangereusement des habitations. Une donnée primordiale qui aurait pu être utilisée à la façon du puissant « The Ice Storm » pour cimenter l'intrigue. Ce n'est malheureusement jamais le cas. Cette jolie matière première est au service d'une histoire horriblement prévisible dans le moindre de ses rebondissements. Tout se prévoit d'avance et rares sont les scènes qui s'évadent de cet échiquier. Surtout que la finale, convenue et beaucoup trop musclée, chute graduellement dans la farce pour atteindre un degré d'hystérie où les invraisemblances s'accaparent la part du lion. L'interprétation n'est cependant pas responsable de ces prérogatives commerciales. Samuel L. Jackson trouve son rôle le plus convaincant depuis le mésestimé « The Unbrekeable ». Il incarne un virus latent qui risque d'exploser à chaque instant. Face à lui, Patrick Wilson lui tient tête sans jamais penser à remporter un combat. C'est également le cas de Kerry Washington, toujours crédible et alerte. Inégal suspense qui ne comporte pas suffisamment de substance pour convaincre totalement les admirateurs que Neil Labute est réellement de retour dans le droit chemin, « Lakeview Terrace » se veut un couteau à double tranchant. Le résultat est nettement plus intéressant et ingénieux que l'ordinaire bande-annonce, mais le traitement est loin d'être à la hauteur de son sujet. De quoi passer un honnête moment devant une œuvre qui aurait facilement pu être meilleure.
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