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Critique du film Traitorvf: Traître Derrière ses ressorts classiques et attendus, « Traitor » traite de la chasse aux terroristes en prenant bien soin de soigner la psychologie de ses personnages. Malgré ses nombreuses ressemblances, le film se retrouve généralement aux antipodes de la populaire trilogie des Bourne.
Le terrorisme fondamentalisme est partout et il change aisément de pays pour ne pas se faire repérer. Après un passage en prison, Samir Horn (Don Cheadle) se retrouve dans une dangereuse faction qui s'apprête à commettre des attentats aux États-Unis. En parallèle se retrouve Roy Clayton (Guy Pearce), un agent gouvernemental qui cherche absolument à lui mettre le grappin dessus. Au jeu du chat et de la souris, ce qui devait être noir et blanc se mélange dangereusement, créant au passage un gris douteux qui risque bien d'exploser à tout moment. Le scénario, tiré d'une idée du comédien Steve Martin, ne brille pas par son originalité. Il est question de violence, de religion et d'endoctrinement à une époque où la paranoïa est reine. Le récit, s'il arrive après le très bon « Syriana » et le beaucoup plus ordinaire « The Kingdom », épouse généralement le canevas de l'espion en mission propre à la littérature des John Le Carré et autres Robert Ludlum, le tout saupoudré de clins d'œil à « The Departed » et « Donnie Brasco ». Derrière cette première réalisation maîtrisée manquant parfois d'imagination, le cinéaste Jeffrey Nachmanoof (scénariste du très douteux « The Day After Tomorrow ») s'en titre sans surprendre ni déplaire. Au sein d'une mise en scène réfléchie alternant de l'action, des dialogues sentis et quelques invraisemblances se retrouvent de beaux personnages légèrement mieux développés que ceux apparaissant généralement dans ce type de longs métrages. Avec son visage angélique, Don Cheadle attire immédiatement la sympathie et son Samir passera par toute la gamme des émotions afin de retransmettre ses nombreux cas de conscience. Face à lui, Guy Pearce doit défendre les couleurs d'un être moins nuancé, un faire-valoir qui n'a jamais l'étoffe d'un Tommy Lee Jones à l'époque de « The Fugitive ». En changeant continuellement de pays (la Grande-Bretagne, la France, le Soudan, les Etats-Unis, le Canada, etc.) un peu de la même façon que le « Clean and Present Danger » de Tom Clancy, l'intrigue tend à s'éparpiller et ce, même si elle n'est pas nécessairement très complexe. Au lieu de surprendre par une finale inattendue à la « Arlington Street », les dernières scènes se veulent beaucoup moins élaborées, empruntant plutôt le chemin d'un épisode satisfaisant de « 24 ». Même si la prémisse ressemble parfois à cette de la trilogie des Bourne, le rythme plus lent et le soin apporté aux personnages n'est pas du tout le même. Il est plutôt question de réflexions sur la réalisation d'actions terroristes qui sont entrecoupées de séquences explosives beaucoup moins imaginatives. De quoi travestir légèrement un genre daté et usé jusqu'à la moelle, ce qui est toujours surprenant d'une production estivale. Il ne faudra donc pas se fier aux apparences et laisser une chance au coureur.
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