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Critique du film Babylon A.D.vf: Babylone A.D. Mathieu Kassovitz qui adapte un roman de Maurice G. Dantec? L'idée n'est pas bête. Sauf que dans les mains d'un gros studio américain, l'auteur français n'est pas toujours libre de ses choix. C'est justement ce qui arrive avec « Babylon A.D. », un gros film d'action sans grande substance qui aurait facilement pu être une œuvre philosophique sur la fatalité de l'existence.
Dans un avenir rapproché, la planète est en déroute et l'espoir n'est pas toujours au rendez-vous. Le mercenaire Toorop (Vin Diesel) est chargé de transférer une mystérieuse jeune femme (Mélanie Thierry) et son assistante dévouée (Michelle Yeoh) jusqu'à New York. Malheureusement pour lui, un peu tout le monde cherche à lui mettre des bâtons dans les roues. À commencer par la prêtresse des Néolites (Charlotte Rampling) qui dirige une énigmatique organisation religieuse. Originalement paru en 1999, le livre « Babylon Babies » était un essai enivrant - et excitant -sur l'état du monde qui mélangeait allègrement la science-fiction d'anticipation et les questions de sectes à une époque où le terrorisme, le clonage, l'immigration, la publicité insidieuse et le réchauffement de la planète s'accaparent de l'opinion publique. Une très belle matière première pour le cinéaste Mathieu Kassovitz qui, depuis son sublime « La haine » en 1995, n'avait rien réalisé de très significatif. Afin de concrétiser son dessein, l'acteur vu dans l'excellent « Un héros très discret » a cependant dû fraterniser avec un grand studio américain qui lui a joint des vedettes établies et un budget très conséquent. Malheureusement pour le metteur en scène qui voyait là un pamphlet virulent condamnant la violence, quelques producteurs ont plutôt détourné sa vision en traditionnel long métrage d'action. Le résultat est donc passé de la réflexion post-moderne au divertissement sans effet secondaire. Les fascinants thèmes sont sous-utilisés et ils ne deviennent que de futiles instruments à des séquences explosives où l'hémoglobine coule à flot. Le protagoniste tire dans le tas, il pose très peu de question et, ô miracle!, il se découvre une humanité au moment le plus opportun... Sorte de croisement remâché des plus excitants « Leon » et « The Fifth Element », le récit n'a qu'un seul objectif : en mettre plein la vue. De ce côté, l'objectif est souvent accompli. Il y a des explosions, des morts et des poursuites à la tonne au sein de ces 90 petites minutes qui se terminent à toute vitesse dans une finale aussi expéditive que rose bonbon. L'interprétation, décontractée au possible, voit un Vin Diesel à la blague bien sentie, une Michelle Yeoh en copie carbone de son personnage dans « The Mummy 3 » et la nouvelle venue Mélanie Thierry qui n'impressionne pas totalement. Et dans des rôles secondaires, les toujours truculents Charlotte Rampling, Lambert Wilson et Gérard Depardieu. Ce casting de classe ne sauve en rien le traitement raciste et barbare de l'ouvrage. La faible conscience envers le genre humain est notamment notoire de cette adaptation d'un livre où, au contraire, la mort affectait irrémédiablement les protagonistes. Comme quoi la pire des sciences-fictions se matérialisent en transformant la réalité en immense jeu vidéo simpliste et futile où l'âme ne vient très souvent qu'en option.
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