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Critique du film The Dark Knightvf: Le Chevalier noir Oubliez Iron Man, Hulk, Hancock et Hellboy. Batman est de retour dans The Dark Knight, un des meilleurs films de super-héros à avoir vu le jour. Lorsque le célèbre justicier masqué se frotte au Joker, son sens moral en prend un coup. Afin de pouvoir l'attraper, il devra renoncer aux règles en place et à en créer de nouvelles.
Gotham City entre dans une ère de changement. Le populaire avocat Harvey Dent (Aaron Eckhart) est en voie de mettre tous les méchants de la ville derrière les barreaux. En compagnie de son assistante Rachel Dawes (Maggie Gyllenhaal), du Lieutenant James Gordon (Gary Oldman) et de l'imperturbable Batman (Christian Bale), ce quatuor de choc est sur une lancée que rien ne semble arrêter. Ils devront toutefois faire attention au démoniaque Joker (Heath Ledger) qui s'amuse à leur mettre des battons dans les roues. À tel point que l'équilibre risque de se rompre à tout instant. Lors de sa sortie en 2005, Batman Begins avait réussi à faire revivre une lucrative licence. Si n'importe qui aurait pu réparer le désastre commis par Joel Schumacher, Christopher Nolan ne faisait pas pour autant oublier le charme gothique de Tim Burton. Car les nouvelles aventures du héros en collants réalisées par le cinéaste du mémorable Memento se voulaient généralement brouillonnes. Une entrée en matière qui annonçait une suite beaucoup plus mémorable. Et elle l'est! Contre toutes attentes, The Dark Knight s'inscrit aisément au sommet des meilleures adaptations de bandes dessinées. L'exploit revient aux scénaristes qui ont fait de Batman un être presque mythologique. Comme c'est souvent le cas, le personnage de Bruce Wayne et de son alter ego n'est pas le plus intéressant du lot. Il est si aisé de lui préférer les méchants. Le Joker de l'inquiétant Heath Ledger arrive en tête de liste. Depuis son décès, son interprétation alimente toutes les rumeurs et il est aux antipodes du cabotin campé par Jack Nicholson en 1989. La vedette de Brokeback Mountain incarne plutôt un être sanguinaire et diabolique qui est nettement plus en phase avec les écrits de Frank Miller. Son clown glace le sang et il inquiète à la moindre de ses présences. Devant la folie d'un tel individu, il est si aisé d'oublier le brio des autres comédiens. À commencer par le toujours excellent Aaron Eckhart qui trouve un rôle en or lui permettant d'explorer une plus large palette d'émotions que Tommy Lee Jones à l'époque de Batman Forever. Gary Oldman est également bien servi avec un policier nettement plus développé que dans l'essai précédent. Même Maggie Gyllenhaal éclaire de sa beauté et de sa prestance en faisant oublier en quelques secondes la fade Katie Holmes. Moins présents sont les truculents et parfois hilarants Michael Caine et Morgan Freeman qui représentent la conscience du personnage principal, un Christian Bale relativement en forme qui porte toujours aussi bien le costume. Ces êtres en trois dimensions seront tous confrontés à des dilemmes moraux qui les détruiront. Harvey Dent est ce chevalier blanc qui franchit le Tartares. Rachel Dawes doit choisir entre deux héros et pour gagner son cœur, Bruce Wayne est disposé à rendre les armes. James Gordon désire ardemment protéger sa famille au péril de sa vie. Quant à Batman et le Joker, ils se trouvent aux antipodes et un peu de la même façon que le brillant Unbreakable de M. Night Shyamalan, un ne semble pouvoir exister sans l'autre. Contrairement à la majorité des productions du même genre, les nombreuses scènes d'action alimentent le récit. Après une spectaculaire introduction et des invraisemblances un peu trop astreignantes, le rythme de croisière est atteint et plus rien ne peut l'arrêter. Jusqu'à cette conclusion qui lève le voile sur une suite très envisageable. Le tout étant agrémenté de la formidable trame sonore instrumentale du duo de rêve composé de Hans Zimmer et de James Newton Howard qui semble parfois s'inspirer de There Will Be Blood. Non seulement The Dark Knight enterre les nombreux efforts de Tim Burton, mais il est difficile de trouver une meilleure adaptation de bande dessinée. Lorsqu'un bon réalisateur est aux commandes et qu'il possède toute la latitude nécessaire, rien ne peut l'arrêter. Avec Batman, la franchise est entre bonnes mains. Surtout lorsqu'elle se plaît à suivre les traces du grandiose The Untouchables de Brian De Palma.
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