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Critique du film Vier minutenvf: Quatre minutes « Quatre minutes », ou « Vier Minuten » dans sa version originale allemande, débarque sur nos écrans cette semaine en catimini, mais précédé d'une réputation internationale enviable. C'est que le film de Chris Kraus a récolté plusieurs prix prestigieux dans différents festivals. Meilleur film au Festival international de Shangaï, Meilleur film et Meilleure actrice pour Monica Bleibtreu et Hanna Herzsprung au German Film Awards, voilà quelques faits d'armes fort évocateurs qui démontrent que « Quatre minutes »a été très bien accueilli par la critique internationale.
Il faut bien le dire, « Quatre minutes » est avant tout un film d'acteurs. Tout repose essentiellement sur les épaules des interprètes qui donnent vie aux deux femmes dont il est question ici. Deux femmes écorchées par la vie, mais qui, au contact l'une de l'autre, trouveront un peu d'illumination et de paix. L'une, Traude Krüger (Monica Bleibtreu), est une pianiste âgée rongée par des expériences traumatisantes survenues lors de la Deuxième Guerre mondiale, alors qu'elle était infirmière pour le Troisième Reich. Depuis sa retraite, la vieille dame au tempérament froid et caractériel tente de trouver un peu de réconfort en enseignant son art musical aux détenues d'un pénitencier. Le jour où elle tombe sur Jenny Von Loeben (Hannah Herzsprung), une jeune femme condamnée pour un meurtre sordide, elle décide de la prendre sous son aile. C'est que la prisonnière a un talent immense pour le piano. La vieille musicienne est convaincue qu'à force de discipline et d'obstination, elle pourra faire de Jenny une interprète extraordinaire et réussira même à lui faire gagner le concours d'entrée du Conservatoire. Pour le réalisateur Chris Kraus, c'est un deuxième essai derrière la caméra. Il faut bien admettre que malgré quelques défauts sur la forme, le cinéaste allemand fait preuve d'un savoir-faire admirable dans le rayon de l'émotion brute et de la direction d'acteurs. En fait, ses deux interprètes principales parviennent à incarner avec brio la dualité des deux caractères qui se confrontent, le combat constant entre conformisme et désordre. Monica Bleibtreu est parfaite en vieille dame aigrie, presque détestable, mais déterminée. Quant à Hannah Herzsprung, elle est sublime en détenue suicidaire et violente à la recherche d'un peu de compréhension. Les deux actrices donnent un véritable intérêt à ce film qui, sans ce brio, aurait pu tomber dans l'anonymat. Même si cette confrontation entre deux caractères opposés est magnifiquement interprétée, il n'en reste pas moins que le script tombe à un certain moment dans la redondance et l'exagération. Les nombreux retours en arrière combinés à quelques excès de pathos donnent finalement une histoire très lourde. Soyez donc bien averti : dans ce film, pas de sentimentalisme, pas d'épanchements sirupeux, mais beaucoup de tragique. Cet aspect suffocant du récit est cependant contrebalancé par quelques moments de tendresse, qui redonnent un certain équilibre au script. Il faut aussi dire que ce scénario, signé par le réalisateur Kraus, fourmille de répliques savoureuses, voire drôles à certains moments, qui font rejaillir les thèmes de l'espoir, de la rédemption et de l'art en tant que thérapie. Bref, un film lourd et difficile d'approche, mais qui bénéficie du travail superbe de deux actrices. Un duo particulier qui illumine l'écran et qui vaut à lui seul le détour!
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