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The Incredible Hulk est vert de colère

Critique du film The Incredible Hulk

vf: L'incroyable Hulk
Légende:
--------------------------
1 = médiocre
2 = moyen
3 = bon
4 = très bon
5 = extraordinaire

Dans sa deuxième aventure au cinéma, Hulk cherche une cure à son mal en prenant bien soin d'échapper à ses assaillants. Arrivé plus d'un mois après Iron Man, The Incredible Hulk ne lui arrive pas à la cheville... et il est surtout pâle à côté de l'excellent premier volet concocté par Ang Lee. Une abondance d'action ne compensera jamais un manque de vision et de personnalité.

Chez Marvel et même parmi tous les super-héros de bandes dessinées, Hulk est aisément un des plus fort. Et un des plus bêtes. Ses escapades où un docteur Bruce exposé à des radiations se transformait en gros monstre vert lorsque son cœur battait trop rapidement ont fait la joie de milliers de lecteurs tout en captivant les gens qui n'ont rien manqué de la très longue série présentée à la télévision.

En 2003, Ang Lee s'attaquait à ce mythe titanesque avec un style tout personnel. Le héros était un être torturé, le rythme posé laissait échapper de longs moments de poésie brute et le développement personnel des personnages atteignait un degré inégalé. Avec sa réalisation se métamorphosant en cartoon, le premier Hulk donnait au genre ses plus belles lettres de noblesse.

Sauf que le film n'a jamais réellement fonctionné. La bête était plus déformée (volontairement) que réelle. La mise en situation initiale, qui approfondissait la psychologie des individus, déplut par son manque d'action, tout comme les poursuites et les séquences explosives qui se voulaient plus songées - et moins spectaculaires - qu'un Spider-Man.

Cela n'empêche pas les producteurs de proposer une deuxième version quelques années plus tard. Cette fois, le gentil docteur se cache dans les favelas brésiliennes et il revient aux États-Unis pour revoir sa belle Betty Ross et pour fuir l'armée qui aimerait bien l'utiliser comme arme de destruction massive. Sur sa route, il fera la rencontre d'un agent très spécial qui s'expose volontairement à des radiations, lui permettant de se mesurer à force égale avec le monstre vert.

Cette suite beaucoup plus normale reprend les grands thèmes des adaptations de bandes dessinées mettant en vedette des super-héros : il y a énormément d'action, un peu d'humour, d'excellents effets spéciaux et une distribution quatre étoiles. Le conformisme est de mise, le moule a été respecté à la lettre. Si les fans mordront à l'hameçon, le poisson ne s'avère pas totalement digeste pour autant.

Surtout que le long métrage a été confié à Louis Leterrier, faire-valoir de Luc Besson. Un peu à la façon d'un Michael Bay ou d'un Simon Weist, le réalisateur de Transporter 2 et de Unleashed accouche d'un produit tape à l'oeil où le recours à une vue aérienne devient son principal leitmotiv. Techniquement au point, le film cherche son âme, et ce n'est pas en lorgnant du côté de The Fugitive, Bonnie and ClydeThe Bourne Ultimatum qu'il la trouvera.

Dans le très divertissement Iron Man, l'humour est de tous les instants. Ici, il semble forcé, amené par quelques blagues qui ne fonctionnent pas toujours. Le récit, qui se prend terriblement au sérieux, surprend par ses caméos (les créateurs Stan Lee et Jack Kirby qui apparaissent, et même Robert Downey Jr. dans la dernière scène!) tout en décevant par son manque flagrant de personnalité. Hulk ressemble à tous les autres super-héros, il n'y a absolument rien qui lui est propre.

À défaut de s'extasier devant des combats répétitifs (celui de la finale est toutefois mouvementé) et des dialogues peu concluants, il y aura toujours le casting pour étonner. En remplacement d'Eric Bana, Edward Norton prouve qu'il est un des meilleurs acteurs de sa génération. Après les excellents Primal Fear et Fight Club, la dualité n'a plus aucun secret pour lui, et son jeu physique permet de faire oublier le caractère monolithique de son Hulk. Une dimension qui se répercute chez tous les personnages. Tim Roth n'est qu'un grand méchant sans profondeur, alors que William Hurt (anciennement Sam Elliott) ne fait que hurler et donner des ordres. Pour incarner Betty Ross, l'excellente Jennifer Connelly a laissé sa place à une jolie Liv Tyler particulièrement pitoyable qui semble autant perdue que dans The Strangers avec ses grands yeux sans expression. Sa présence souligne le sentimentalisme de la trame narrative, devenant palpable et même dégoulinante par la musique mielleuse composée par Craig Armstrong.

Si The Incredible Hulk déplace beaucoup de poussière sur son passage et que les affrontements entre Edward Norton et Tim Roth demeurent spectaculaires, l'œuvre peine à ressortir de la masse. Il ne fait pas le poids à côté d'Iron Man, et surtout à côté la mouture originale dans laquelle Ang Lee insufflait une vision poétique et philosophique. En dehors de l'action et des explosions, cette suite se résume à peu de choses.


lecinema.ca a aimé :
  • L’interprétation est dans le ton. Edward Norton et Tim Roth forment des ennemis généralement convaincants.
  • L’action est omniprésente, il est plutôt difficile de bailler aux corneilles.
lecinema.ca n'a pas aimé :
  • Après le très bon divertissement Iron Man, The Incredible Hulk n’a pas grand-chose de nouveau à offrir sur le plan de la bande dessinée.
  • Ces deuxièmes aventures du monstre vert ne possèdent aucune réelle personnalité. Tout le contraire du premier volume conçu par Ang Lee.
  • Le réalisateur Louis Leterrier s’y connaît peut-être en scènes spectaculaires, mais sa direction d’acteurs laisse à désirer et ses dialogues tombent à plat.

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