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Critique du film Les 3 p'tits cochonsEst-ce que le sexe est la pierre angulaire du couple ? C'est à cette épineuse question que tente de répondre Patrick Huard dans ses 3 P'tits cochons. Si le sujet pertinent méritait d'être exploré, le traitement redondant et parfois abrutissant s'avère rapidement lassant.
Maman (France Castel) est à l'hôpital pour une durée indéterminée. Ses enfants se réunissent auprès d'elle et parlent de leurs besoins sexuels. Le cadet Christian (Guillaume Lemay-Thivierge) passe ses journées à se masturber et son couple avec la policière Hélène (Julie Perreault) est loin d'être très solide. Son modèle Mathieu (Claude Legault) n'est guère mieux. Marié à la débordée Geneviève (Isabel Richer) et père de deux mignonnes petites filles, il pense sauter la clôture et séduire sa collègue de bureau Josiane (Mahée Paiement). Seul le riche aîné Rémi (Paul Doucet) préfère rester auprès de sa femme Dominique (Sophie Prégent) et il conseille à ses deux frères de l'imiter. Mais en vain. Patrick Huard peut dorénavant ajouter une nouvelle flèche à son arc. En 2007, il sera passé derrière la caméra pour un projet très attendu qui ne parle que de cul. Les hommes en sont obsédés et ils se comportent en enfants. Les femmes, en retrait, le sont sans doute tout autant, mais ça, le réalisateur ne le montre presque pas. Il préfère scruter à la loupe ces êtres menés par leurs besoins primaires. Déjà que Ma Tante Aline ne posait pas un regard très tendre sur le mâle québécois, ces 3 P'tits cochons sont loin d'en redorer le blason. Traiter d'un sujet aussi émoustillant que le sexe est toujours intéressant, mais à condition que le cinéaste possède une vision particulière. Ce qui n'est pas vraiment le cas d'Huard. Connu et enfantin, le scénario multiplie les scènes chaudes en vain, car il a peu de nouveau à dire sur cette thématique si éprouvée. Montrer la pulpeuse Mahée Paiement en pleine action rejoindra sans doute un public, mais ce n'est certainement pas pour le mieux. Même la mise en scène manque de lustre et elle se veut plus télévisuelle que cinématographique. Les éclairages changent au milieu d'une séquence et la caméra bouge à la dernière minute pour capter le détail significatif. La trame sonore a beau être particulièrement soignée, elle n'arrive toutefois pas à diriger les acteurs. Ces derniers, souvent livrés à eux-mêmes, misent sur leur talent pour éviter le pire... et ils y arrivent in extremis. Legault semble avoir recourt à l'improvisation, Doucet va au bout de son personnage et Lemay-Thivierge mord dans l'enfance comme jamais. Leurs alter ego féminins préfèrent jouer avec la surprise et les larmes, une tactique qui leur réussit bien. Peut-être que les 3 P'tits cochons cherchent à pourfendre le pathétisme en étant pathétique. De ce côté, la mission est remportée avec succès... mais pas nécessairement pour les bonnes raisons. Si quelques situations finissent par faire sourire, c'est par leur totale énormité. En voulant répéter les exploits d'un Québec-Montréal et, surtout, du mémorable Le Déclin de l'empire américain, Patrick Huard vient de frapper son Waterloo.
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