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Critique du film Ma tante AlineTous les étés, une comédie québécoise arrive sur les écrans pour aérer les journées de canicule. Il y a quelques années, Gabriel Pelletier proposait La Vie après l'amour, une vue moyennement intéressante qui n'avait pas laissé de souvenirs impérissables. Il revient à la charge avec Ma Tante Aline, toujours avec Sylvie Léonard, où il s'intéresse un peu faiblement au sort des personnes du troisième âge. Inégal.
Geneviève (Léonard) ne pense qu'à sa carrière et sa relation amoureuse secrète avec Pierre-Alexandre (Rémi-Pierre Paquin) en souffre. Un peu contre son gré, elle décide d'héberger Aline (Béatrice Picard), une vielle tante excentrique qui a plus d'un tour dans son sac. En déplaçant beaucoup de poussière sur son passage, cette nouvelle colocataire lui en apprendra davantage sur sa mère tout en mettant son sens des valeurs à l'épreuve. Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour être heureux... Il y a plusieurs façons de décortiquer Ma Tante Aline. L'été est chaud et collant... et il ne faut pas trop réfléchir. Ce faisant, il est plus facile d'accepter ce mélange d'humour et de drame qui aurait pu être encore plus au point. Les évènements exagérés sont dominés par des dialogues souvent incisifs où un sacre de Picard et un sous-entendu sexuel font rire à parcimonie. Pelletier fait totalement oublier ses misérables Karmina en s'attaquant à quelque chose de plus personnel. Mais les retournements de situations et le style éclaté ne peuvent qu'évoquer le supérieur Le Secret de ma mère de Ghyslaine Côté. Il ne faudrait toutefois pas trop en demander à cette comédie qui aurait pu en faire beaucoup plus. Le sujet pertinent (le destin de personnes âgées dans des centres d'accueil) est à peine esquissé et il y a plusieurs écarts scénaristiques (le hip-hop d'Aline par exemple) qui se veulent ratés. Le développement des personnages est également superficiel. Si formidable au théâtre, Sylvie Léonard patauge dans les stéréotypes. Rémi-Pierre Paquin reprend exactement les mêmes mimiques que dans Les Invincibles et Sophie Cadieux n'a aucune place pour faire parler son talent. Heureusement, Isabelle Cyr n'en met pas trop et au contraire, c'est dans l'exubérance que le toujours truculent Marc Messier arrive à faire sourire. Entre ces deux pôles se situe Béatrice Picard, aussi à l'aise qu'énervante. Le regard sur l'homme québécois en prend également pour son rhume. Il est soit dépendant (Paquin), consternant (Messier), méfiant (Vincent Leclerc) ou absent, comme le père du personnage principal qui a préféré mettre le feu plutôt que s'occuper de sa progéniture. Les femmes, qui doivent toutes porter les culottes, ne peuvent que voyager à Cuba, réussir seule leur carrière et coucher avec le premier venu sans aucun cas de conscience. C'est beau, l'évolution... Très près de La Vie avec mon père sans avoir la force dramatique ou comique du film de Sébastien Rose, Ma Tante Aline se débrouille avec les moyens du bord. Un peu de rire et des acteurs connus sont des recettes gagnantes pour passer un été au frais. Il faudrait seulement proposer quelque chose de nouveau sous le soleil.
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