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Critique du film Sickovf: Malade Le lourdaud Michael Moore revient à la charge avec Sicko, un nouveau pamphlet énorme qui raconte comment la vie aux États-unis est parsemée d'embûches de toutes sortes. Une formule parfaite pour rire un bon coup en demeurant « informé » des principaux travers de la première puissance mondiale de la planète.
Pauvre Michael Moore! À la sortie de Bowling for Columbine, le public et les cinéphiles le prenaient pour un Messie qui osait enfin pourfendre l'administration si contestée de Georges W. Bush. Depuis l'ambiguë Palme d'Or de Fahrenheit 911, les ardeurs se sont refroidies. Tout le monde lui tombe sur le dos, on l'accuse de détourner la réalité et il y a même eu Manufacturing Dissent, un pseudo documentaire de mauvaise foi sur son compte qui vient à peine de prendre l'affiche. Et la polémique risque de reprendre de plus belle avec Sicko qui suit exactement la même tangente. Outre la mode d'être anti-Moore, il faut prendre ses objets au deuxième et au troisième degré. Oui, l'auteur de Roger & Me détourne parfois les faits, il n'offre qu'un seul côté de la médaille et il simplifie à outrance une réalité qui est souvent bien complexe. Mais il le fait pour offrir le meilleur spectacle possible. Le gros défaut de ses longs métrages, c'est qu'ils sont classés dans la catégorie « documentaire ». Il faut plutôt admettre que ce sont des films romancés possédant un énorme fond de vérité qui mérite l'attention et provoque la réflexion. En suivant ce mode de pensée, Sicko s'avère un divertissement en or, un des plus agréables à avoir vu le jour depuis longtemps. Il n'y a pas dix minutes de commencées que des gens pleurent. La musique émotive et ironique arrive à point, relevant l'aberration des situations qui sont plus que plausibles. Moore s'attaque cette fois aux compagnies d'assurances de la santé qui font tout en œuvre pour ne pas rembourser leurs clients. Il donne la parole aux individus qui se sont fait avoir, qui ont très souvent perdu conjoint et enfants à cause du système. Ce n'est pas très subtil et c'est normal. Pourquoi prendre des gants blancs lorsque les confessions sont si affligeantes? C'est principalement la deuxième partie de l'œuvre qui cumulera les critiques. Le réalisateur montre comment il est si facile de se faire soigner au Canada, en Grande-Bretagne, en France et, surtout, à Cuba. Le meilleur moyen de faire passer son message, c'est d'éliminer les zones grises. D'un côté il y a la pureté angélique de l'étranger et de l'autre, les méchantes compagnies qui ne pensent qu'à l'argent et qui récompensent les employés ayant refusé le plus de clients à leurs régimes d'assurance. Mais Moore n'est pas naïf. Il est sans doute de mauvaise foi et imbu de sa propre personne, mais le manichéisme n'est pas là en vain. Il y a des informations essentielles, des témoignages qui glacent le sang et beaucoup d'humour. Sicko, comédie dépressive de l'année? Peut-être bien. Espérons toutefois que le sujet de sa prochaine missive soit un peu plus étoffé.
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