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Critique du film Zodiacvf: Le Zodiaque Douze années après son grandiose Seven, David Fincher, un des réalisateurs les plus doués de sa génération, se relance à la poursuite d'un tueur en série. Malgré ses brios narratifs, Zodiac n'est vraiment pas du même calibre.
David Fincher est un cas à part. Ses films impairs (Alien 3, The Game, Panic Room) sont des productions intéressantes qui n'atteignaient jamais leur plein potentiel, alors que ses chef-d'œuvres pairs (Seven, Fight Club) s'avèrent des petites merveilles en puissance, des joyaux d'une très grande beauté. Même si Zodiac est son sixième long-métrage, il ne s'inscrit guère dans la continuité. L'histoire est vraie et pas encore officiellement résolue. Dans les années 1960 et 1970, un tueur en série sévit dans la région de San Francisco. Une équipe de policiers (Mark Ruffalo, Anthony Edwards), un journaliste vedette (Robert Downey Jr.) et un dessinateur obsédé (Jake Gyllenhaal) cherchent inlassablement des preuves pour résoudre cette affaire. Les victimes s'accumulent, le mystère s'épaissit et la pression du temps risque de jouer contre ces hommes incorruptibles. Les fanatiques de Fincher seront déçus. Dans son dernier récit, le cinéaste à la technique légendaire n'inonde pas sa mise en scène d'images extraordinaires, de flashs visuels hors du commun, d'une atmosphère suffocante, d'un montage lacéré ou d'une cacophonie musicale disjonctée. Au contraire, il la joue sobre, avec quelques plans ingénieux, une recréation d'époque à couper le souffle et un sens précis du détail. Tout est dans le suspense qui s'effrite malheureusement avant la fin, les 156 minutes s'avèrent finalement un peu trop longues et répétitives. Entre temps, quelques frissons extrêmement bien réussis (la scène de la cave, brrr) et des dialogues, abondants mais captivants. De ce côté, il faudra être prévenu. À moins d'être totalement bilingue, mieux vaut se frotter à l'honnête traduction française. Les parallèles - plutôt ridicules - avec All the President's Men ont déjà été évoqués et il ne faudra surtout pas se laisser berner. Zodiac ne joue pas du tout dans la même ligue que le sublime film d'Alan J. Pakula. Montrer deux policiers, un petit foncé et un grand blond, qui ressemblent au tandem campé par Dustin Hoffman et Robert Redford est un drôle de hasard, mais là s'arrêtent les comparaisons. Ici, des personnages anodins prennent de l'importance pour sombrer rapidement dans le secondaire. À force de sauter trop rapidement d'année en année, le long métrage s'effrite et les protagonistes perdent de leur magie. Au sein d'une distribution solide, Jake Gyllenhaal est suffisamment hanté pour faire croire à sa déroute. Il n'est malheureusement pas aussi mémorable que la partie d'échecs que s'offraient Morgan Freeman et Brad Pitt il y a de cela une décennie. Sanglant sans tomber dans les extrêmes, intelligent sans réellement faire une étude policière ou journalistique approfondie d'un cas pathologique, le nouveau Fincher ne convaincra pas totalement ses plus fidèles admirateurs. L'enquête menée garde sur le qui-vive du début à la fin et les protagonistes masculins jouent à l'unisson, mais il n'y a rien d'unique ou de mémorable pour inscrire cette œuvre parmi les plus grandes de son réalisateur.
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