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Critique du film Bon cop, Bad copOn pouvait s'imaginer le pire. Depuis des nombreux mois, la bande-annonce de Bon Cop Bad Cop sévissait avant les projections principales, annonçant un film plutôt ordinaire. Curieusement, le résultat n'est pas aussi catastrophique que prévu et le rire surprend en plusieurs occasions.
Sur un ton bon enfant, l'histoire de la dernière vue d'Érik Canuel est aussi mince qu'une feuille de papier. Un cadavre est retrouvé sur la frontière exacte entre le Québec et l'Ontario. Afin de mener l'enquête à bon port, l'hyperactif francophone David Bouchard (Patrick Huard) et le plus réservé anglophone Martin Ward (Colm Feore) doivent allier leurs comportements respectifs. Entre des blagues racistes et des morts qui se multiplient, les « deux solitudes » triompheront aisément de l'adversité. Dire qu'il a fallu pas moins de quatre scénaristes (!) pour accoucher de cette idée tirée par les cheveux... Énième variation sur les duos mal associés façon 48 Hours et Rush Hour, Bon Cop, Bad Cop s'inspire principalement des Lethal Weapon. Les protagonistes ne peuvent se sentir, ils s'insultent pendant tout le film pour s'aider à la fin et leurs différences sont marquées par les relations pas toujours harmonieuses que peuvent vivre le Québec et l'Ontario. Ce récit s'avère même calqué sur le troisième volet de la série mettant en vedette Mel Gibson. Le héros francophile séduit une femme près de l'entourage de son acolyte, il passe des réflexions sur des cicatrices passées, il se souvient de la façon dont il a sympathisé avec un chien, il y a des bombes à désamorcer et l'univers du hockey s'avère assez important. Cette donnée se veut le véritable fil conducteur liant les deux provinces maîtresses du Canada. En s'inspirant de faits vécus et en les détournant, l'histoire promet des rebondissements importants. Le nom de la personne qui a vendu les Nordiques de Québec au Colorado n'est plus Aubut mais Grossbut, il y a un mythe autour d'Éric Lindros et le président de la ligue s'appelle monsieur Buttman (au lieu de Bettman)! La satire va encore plus loin en plagiant directement le mémorable Taxi Driver. Mais pourquoi est-ce toujours la même scène qui est reprise? Conscient de ne pas créer un long-métrage important ou mémorable, Érik Canuel s'en donne à cœur joie. Sa réalisation est mouvementée, clinquante, et sa recréation d'une atmosphère policière étouffante ressemble par moment à celle d'un Saw, grand méchant masqué en prime. Au même niveau, l'interprétation des comédiens est dans la note. Pierre Lebeau en fait toujours trop et Louis-José Houde ne joue pas vraiment un rôle, sauf que le duo en tête d'affiche est efficace. Patrick Huard déblatère ses phrases assassines avec une facilité déconcertante, alors que Colm Feore déride par sa droiture et sa fermeté. Le choix de tourner le tout dans les deux langues officielles est un élément de rires non négligeable. Huard montrera à Feore comment parle le Québécois moyen et cette démonstration s'avère assez désopilante. Le visionnement anglophone est peut-être même recommandé. Lire les sous-titres francophones s'afficher lorsqu'un personnage sacre est une source de bonheur souvent plus élevée que les situations. Jouant allègrement dans les bandes dessinées efficaces, Bon Cop, Bad Cop perd nettement de son intérêt en se prenant au sérieux. Vers la fin, le drame est au rendez-vous, ce qui rompt énormément le charme de l'entreprise. Les gags perdent de leur mordant et l'intérêt du spectateur vient de disparaître comme le poulet dans la gamelle du chien. Déjà qu'au début, la bonne humeur généralisée de la distribution et les questions fondamentales laissées à la porte du cinéma pouvaient expliquer une facilité de se laisser séduire par cet objet sans prétention. Un sentiment qui ne perdure pas jusqu'au générique et qui laisse de nombreuses questions sans réponses.
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