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Superman Returns entre la rigolade et la série B

Critique du film Superman Returns

vf: Le retour de Superman
Légende:
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1 = médiocre
2 = moyen
3 = bon
4 = très bon
5 = extraordinaire

Il fallait bien s’y attendre. La bande dessinée est à l’honneur au cinéma depuis plusieurs années et ce n’était qu’une question de temps avant que l’homme d’acier le plus célèbre revienne dire coucou au commun des mortels. Dans les mains du vétéran Bryan Singer, Superman Returns se veut un gros prétexte à la destruction, aux rires légers et au divertissement qui ne laisse pratiquement aucun effet secondaire. Cela risque d’amuser les journées de canicule.

Le projet de refaire Superman pour la énième fois était sur la table depuis plus d’une décennie. Au départ, le tout devait être réalisé par Tim Burton avec Nicolas Cage dans le rôle principal. Après de multiples hésitations et le hasard hantant continuellement les interprètes principaux de ce surhomme (l’accident tragique de Christopher Reeves est l’exemple le plus marquant), le rêve est tombé à l’eau. Quelques années se sont écoulées et le succès de Spider-Man a créé une manne de produits dérivés dont les Daredevil, Catwoman et Fantastic Four qui ont rapidement épuisé le filon. Ayant fait ses preuves sur les deux premiers – et meilleurs – X-Men, Bryan Singer a proposé de réaliser une nouvelle mouture en respectant la vision de Richard Donner, celui-là même qui a réussi à convaincre des acteurs de talents comme Marlon Brando et Gene Hackman à figurer dans le récit d’introduction datant déjà de 1978.

L’intrigue reprend les mêmes éléments, là où le deuxième film (celui de 1980) avait laissé, en remettant les effets spéciaux au goût du jour. À la suite d’une longue période d’absence, Superman (Brandon Routh) revient sur la terre pour retrouver sa vie journalistique grâce à son alter ego Clark Kent. Son cœur flanche toujours pour sa jolie collègue Lois Lane (Kate Bosworth), qui a cependant eu un enfant avec un noble rival répondant au nom de Richard White (James Marsden). La souris devra rapidement sortir de sa cachette, car l’éternel trouble-fête Lex Luthor (Kevin Spacey) s’apprête encore à envahir la planète. En utilisant des cristaux, cet ennemi juré semble être capable de manipuler l’électricité et de faire sortir de nouveaux continents immergés par l’eau. Avant qu’il ne soit trop tard, le héros venu de l’espace devra à nouveau prouver qu’il est le meilleur.

Contrairement au Batman Begins de Christopher Nolan, Superman version 2006 ne dépaysera en aucun cas les admirateurs des premières heures. L’action y est prédominante, les morceaux de bravoure apparaissent à tous les instants et le sang n’est jamais réellement de la partie. Avec cette histoire aussi vide et clinquante, misant à outrance sur le divertissement, baignant dans une trame sonore envahissante, c’est certainement une clientèle plus jeune qui est ciblée. L’humour gamin y fait mouche.

Au lieu d’inscrire fidèlement sa marque au fer blanc, Singer propose des pistes d’intrigues sans jamais aller jusqu’au bout. La solitude, le triangle amoureux, la succession, l’utilité de la vie dans l’univers : tant de pistes abordées un peu superficiellement, tout comme ces leitmotivs que sont la tolérance et le respect de la différence. Jouant de façon froide et évasive, l’homme au collant qu’est Brandon Routh n’est pas très à l’aise. Cet acteur remarqué – mais par qui? – dans le téléfilm Karla ne s’écarte jamais du premier degré et il est toujours là lorsque quelqu’un ou quelque chose va s’écraser au sol. Le charismatique Cyclops des X-Men, James Marsden, n’a pas de mal à lui voler la vedette malgré son nombre restreint de scènes. De son côté, Kate Bosworth n’est guère plus convaincante que son prince volant. Seul son collègue de Beyond the Sea, Kevin Spacey, mord à belles dents dans un personnage, cabotinant à souhait. Encore et toujours, les méchants seront toujours plus intéressants que les gentils.

Moins renversant et excitant que les deux premiers Spider-Man et X-Men, à mille lieux des préoccupations fascinantes de Hulk ou des expérimentations sérieuses et troublantes d’un Unbreakable, Superman Returns pourra faire long feu par ses gags puérils et de nombreuses suites imaginables. Dès le début de l’introduction qui fait dérouler le cosmos à la vitesse de l’éclair – hommage aux anciens films – les initiés mordront à l’hameçon. Les autres regretteront qu’un cinéaste de très grand talent comme Bryan Singer – réalisateur d’un des meilleurs films américains des années 1990 en The Usual Suspects pour lequel Kevin Spacey a remporté son premier Oscar– perde son temps avec des pacotilles sans but ni intérêt.


lecinema.ca a aimé :
  • L’hommage aux vieux Superman est présent et pertinent. Nostalgie 101.
  • Le rire salvateur transforme un film de superhéros en jouissive série B.
  • Kevin Spacey, quel acteur!
lecinema.ca n'a pas aimé :
  • Le talent des acteurs est confiné à des personnages unidimensionnels.
  • Les séquences d’action ne sont pas si exceptionnelles.
  • C’est long, très long, beaucoup trop long.

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