La véritable histoire du petit chaperon rouge n’égale certes pas les récents efforts des studios Pixar et Dreamworks, mais s’avère tout de même assez ludique pour divertir les petits et les grands. Cette comédie d’animation propose une relecture irrévérencieuse de l’une des plus célèbres histoires de notre enfance, à la manière Shrek.
Alors que vous pensiez tout connaître de l’histoire du Petit Chaperon rouge, voilà que Weinstein Co. la revisite pour mieux la subvertir. Ainsi, Rouge est ici une experte en arts martiaux, le loup est un journaliste pernicieux prêt à tout pour avoir une bonne histoire et la grand-mère est un aficionado des sports extrêmes. Se joignent à eux une ribambelle de personnages secondaires, tous plus amusants les uns que les autres, notamment un vieux bouc chantant (personnifié par Patrick Norman) et un écureuil survolté.
La véritable histoire du petit chaperon rouge campe une partie de son intrigue dans la chaumière de grand-mère, alors qu’une enquête policière a lieu pour découvrir le malfrat responsable du vol des recettes des habitants de la forêt. Le film se présente donc comme une suite de saynètes comiques (d’intérêt inégal) correspondant aux versions de l’histoire, à la fois contradictoires et complémentaires, racontées par les suspects. On a alors droit à une belle satire des films d’enquête américains et l’humour y fait mouche. Pourtant, cet exercice qui débute sur les chapeaux de roues s’essouffle rapidement en seconde partie, lorsque tous les suspects ont témoignés et que le coupable n’est pas encore dévoilé. Une certaine confusion s’installe alors et le récit s’enlise malheureusement.
La qualité des animations témoigne quant à elle de la modicité des moyens financiers réservés à ce film. Le manque de fluidité des animations et les expressions figés des personnages empêchent le spectateur d’adhérer complètement à cette fable, la présence d’un héros fait cruellement défaut.
En contrepartie, le doublage québécois, impeccable, propose les voix de Pierre Lebeau, Karine Vanasse, Béatrice Picard et Raymond Bouchard, pour notre amusement. Bien que le distributeur mise beaucoup sur la présence de ces personnalités québécoises pour faire la mise en marché du film, celles-ci savent se faire discrètes et demeurent fidèles aux images et à la version anglophone qui met notamment en vedette les Glenn Close, James Belushi et Anna Hathaway. À noter également, la collaboration intéressante du groupe montréalais Loco Locass qui a écrit et interprète une chanson du film, de même que celle du rocker Martin Deschamps.
En somme, La véritable histoire du petit chaperon rouge, en voulant marcher sur le même sentier que Shrek, se présente comme un terne reflet de son prédécesseur. Si l’exercice débute en force et s'avère distrayant, il s’essouffle soudainement à mi-parcours, laissant le spectateur sur sa faim de loup.
lecinema.ca a aimé :
Les personnages secondaires, tous plus amusants les uns que les autres, notamment le bouc personnifié par Patrick Norman
La collaboration de Loco Locass
Le doublage québécois
La première moitié du film, efficace
Quelques clins d’œil savoureux au cinéma américain et à la culture populaire