Découverte en 1984 dans l’inoubliable Sonatine de Micheline Lanctôt, Pascale Bussières crevait déjà l’écran en faisant preuve d’une maturité personnelle et professionnelle ainsi que d’une maîtrise du jeu dramatique peu communes pour une jeune fille âgée d’à peine 13 ans et totalement dépourvue d’une formation d’actrice. Sa Chantal tout en nuances et en révolte intérieure contenue a d’ailleurs tellement impressionné tant le public que la critique qu’elle valait à Pascale une nomination au prix Génie de la meilleure actrice en 1985. Depuis vingt ans maintenant, elle n’a jamais quitté l’écran et n’a cessé de tourner pour la télévision et le cinéma avec plusieurs cinéastes de renoms.
Après avoir participé au cours des années 80 à deux des téléromans les plus populaires de l’histoire de notre télévision, Chambres en ville et Marilyn, elle se voyait offrir en 1992 son premier rôle adulte marquant avec La Vie fantôme de Jacques Leduc, qui lui valait d’ailleurs le prix d’interprétation féminine au Festival des films du monde. Elle enchaînait ensuite en 1993 avec le rôle-titre de la très populaire minisérie Blanche, qui marquait sa première collaboration avec Charles Binamé et qui lui valait de nombreux prix d’interprétation. Par la suite, les projets les plus divers et les plus intéressants du cinéma indépendant se sont précipités à sa porte, lui permettant de renouer avec plusieurs des cinéastes qui l’avaient lancée dans le métier, dont Micheline Lanctôt pour qui elle tournait Deux actrices en 1993 et Jacques Leduc qui la dirigeait à nouveau dans L’Âge de braise en 1998, et surtout Charles Binamé qui lui donnait les plus beaux rôles d’Eldorado (1995) et de La Beauté de Pandore (2000), sans oublier un mémorable caméo dans Le Cœur au poing (1998), mais elle a aussi tourné avec Denis Villeneuve (Un 32 août sur Terre/1998), Jean Beaudin (Souvenirs intimes/1999), Léa Pool (Emporte-moi/1999, The Blue Butterfly/2002), Attilan Bertalan (Between the Moon and Montevideo/2001), Alain Desrochers (La Bouteille/2001), et Manon Briand (La Turbulence des fluides/2001). Le grand succès d’Eldorado lui a aussi ouvert les portes du Canada anglais et de l’étranger où elle a tourné avec Patricia Rozema (When Night is Falling/1995), Jean-Michel Roux (Les Mille merveilles de l’univers/1997), Guy Maddin (Twilight of the Ice Nymphs/1997), Jeremy Podeswa (The Five Senses/1999), Anne-Sophie Birot (Les Filles ne savent pas nager/2000), Catherine Corsini (La Répétition/2001) et Pascal Bonitzer (Petites Coupures/2002). Elle a également obtenu le prix Métrostar de l’artiste de l’année en 1994 ainsi que du prix Jutra de la meilleure actrice de soutien pour son rôle dans Emporte-moi en 2000.
Elle a ajouté un autre grand rôle et une réalisatrice de taille à sa feuille de route déjà impressionnante en travaillant avec Denise Filiatrault pour une première fois dans le film Ma vie en cinémascope, dans lequel elle a incarné la grande Alys Robi, la première grande vedette québécoise.
Source: Radio-canada.ca