Homme de scène et homme de lettres, Robert Lalonde est à la fois un comédien sensible et un auteur accompli. Depuis de nombreuses années, il cueille d'un côté comme de l'autre prix et distinctions. Entre les deux pôles de ce parcours, il va partout où l'art l'appelle: il s'adonne parallèlement aux fonctions de directeur artistique, de professeur d'art dramatique et de création littéraire, de formateur en direction de comédiens et de chroniqueur littéraire. Nous parlons évidemment ici d'un homme «pluriel».
Le théâtre est son permier lieu. En tant qu'acteur, on a pu le voir dans diverses productions ces dernières années. Le répertoire qu'il couvre est aussi vaste que sa passion pour la dramaturgie. Il a notamment visité Shakespeare : il a joué dans Roméo et Juliette et dans la truculente comédie Les Joyeuses Commères de Windsor mise en scène par Yves Desgagnés et présentée au Théâtre du Nouveau Monde. Il a aussi baigné dans l'œuvre récente de Michel Tremblay, Impératif présent, en donnant la réplique à Jacques Godin, son père sur la scène. Il est passé également par Pirandello et ses Six personnages en quête d'auteur vue par la lorgnette avisée de Wajdi Mouawad et a fait partie des Feluettes de Michel Marc Bouchard. La dernière fois que nous l'avons vu sur scène, c'est dans la chambre d'hôpital de la pièce W;T, montée ce printemps au Quat'sous. En plus de jouer, Robert Lalonde s'est livré à l'écriture dramaturgique - Monsieur Bovary, J't'aime mais c'est pas grave, toute deux montées par Lorraine Pintal et Il va pleuvoir en l'envers - , il a aussi traduit et adapté de nombreux textes pour le théâtre.
Sa présence au petit écran a la constance d'un métronome. Depuis Quelle Famille de Jeanette Bertrand et Jean Lajeunesse, les rôles se sont succédés les uns après les autres. On se souvient de lui entre autres dans Cormoran, Marylin, Les Héritiers Duval, À nous deux, et 4 et demi. Et ça se poursuit ses dernières années dans la continuité, puisqu'on a eu le plaisir de le retrouver dans Rue L'Espérance, Music Hall, Rivière-des-Jérémie et dernièrement dans Un homme mort.
Il débute sur les plateaux de tournage en 1992 avec Paul Tana dans son drame social
La Sarrazine. Il y reviendra dix ans plus tard dans
Séraphin, un homme et son péché de Charles Binamé. Il incarne peu après un policier pas trop dégourdi dans le magnifique
Mémoires affectives de Francis Leclerc. Il figure également au générique de deux films marquant des dernières années :
Ma vie en cinémascope de Denyse Filiatrault et
Elles étaient cinq de Ghyslaine Côté.